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Polanski : nouvelle assemblée des César, même vieille polémique

Polanski : nouvelle assemblée des César, même vieille polémique

16 septembre 2020 | PAR Eliaz Ait Seddik

Au lieu de faire dégonfler la polémique, l’académie des César vient de désigner le metteur en scène comme un des représentants de leur nouvelle assemblée, réveillant la discorde endormie.

Elles paraissent à la fois si loins et si proches, ces images de la cérémonie des César du 28 février 2020 : le vide de la scène et la tension palpable dans l’air lorsque Polanski, absence dominant de son ombre toute la soirée, fut déclaré « meilleur réalisateur » pour son film J’accuse, Adèle Haenel quittant dramatiquement la salle en signe de protestation…

Entre temps, la crise de la Covid et le confinement sont passés par là et donnent presque l’impression que cette débâcle est survenue dans un autre espace-temps. Mais, cela était sans compter sur le choix annoncé ce mardi 15 septembre par l’académie des César, de nommer Polanski d’office parmi les 182 représentants de sa toute nouvelle assemblée générale. Laquelle aura pour responsabilité le 29 septembre, d’élire le nouveau conseil d’administration des César et le tandem femme/homme qui en assurera la présidence.

Un nouvel affront et des réactions

Pour les militantes féministes, réclamant que le metteur en scène, accusé de viols, soit limogé de l’académie et condamné par la justice, cette désignation représente un nouvel affront à leur lutte. Cependant, la faute serait, semblerait-il, à chercher du côté du système de l’académie lui-même, qui admettait d’emblée ses membres historiques, dont Polanski fait partie, s’ils en font la demande.

En tout cas, les réactions ne se sont pas faites attendre, certaines provenant du sein même des élu.es à l’assemblée. Ainsi, le jour même de l’annonce, le comédien Eric Metayer, lui-même nouvel élu, dénonçait cette nomination, dans une vidéo postée sur Twitter, et exprimait son désir de réformer ce statut privilégié de « membre historique » afin que leur élection au sein de l’institution soit soumise au vote, comme pour tous les autres. Tandis, qu’au micro de France Inter, l’actrice Béatrice Dalle, qualifiait cette décision « d’absurdité ». Affaire à suivre donc…

Visuel© Georges Biard

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Eliaz Ait Seddik

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