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Nuits blanches à la philharmonie

Nuits blanches à la philharmonie

07 octobre 2018 | PAR La Rédaction

Nous étions hier soir à la Philharmonie pour une émotionnelle nuit blanche hier jusqu’à 3h du matin.

Yom-Crépuscule
Nous avons commencé dans la grande salle avec les dernières mesures du concert de l’hypnotique Yom, jouant de la clarinette électrique, accompagné par l’orgue surpuissant de Baptiste Floriant Marle-Ouvrard. Un excellent choix de crépuscule, avec cette ambiance « Interstellar » pour un décollage imminent et une invitation à la nuit.

Nuit américaine
Quelle heureuse surprise que cet ensemble Y MUSIC, à la formation hétéroclite : violon, alto, violoncelle, clarinette flûte et l’incroyable CJ Camieri, aussi à l’aise au cor qu’à la trompette. Un répertoire 100% original, varié, et d’une grande finesse, avec une jeune garde de compositeurs américains qui savent si bien manier le mélange de populaire et de savant, et qui ont su dompter et utiliser toutes les ressources de cet ensemble original, dégageant une communicative sympathie, doublé d’une maîtrise parfaite et toute américaine de leurs instruments. C’était leur première en France, on espère les revoir, c’est la découverte de la soirée !

Studio Venezia au musée de la musique
A l’occasion de la 57e biennale de Venise, le musée de la musique fut transformé en immense studio immersif dédié à l’expérimentation sonore.
Nous avons entendu Mikael Rudy et son fils jouer Bach, Ligeti et Glass. Duo touchant entre deux générations, l’un t-shirt coloré, l’autre costume strict dans deux attitudes différentes et complémentaires.
Intime moment, parfaitement éclairé, de ces deux pianistes de sang, dont les notes s’élevaient au milieu des Stradivarius et autres instruments mythiques du musée, sous le regard du portrait de Beethoven.

Satie solo dans la grande salle de la philharmonie.
1h du matin. Ca dort sévère dans la grande salle de la Philharmonie, il faut dire que le pianiste Nicolas Horvath a un toucher vraiment fait pour passer la nuit, effleurant à peine les notes des Gnossiennes. On se serait cru à une soirée sleep de Max richter.
Le pianiste aurait pu donner plus de nuances et de contrastes à se répertoire, et réveiller un peu plus la foule endormie. Il faisait un peu penser à un pianiste de bar d’hôtel à qui on aurait dit de ne pas jouer trop fort. D’ailleurs tout le monde dormait, soit allongé en travers des confortables sièges de la salle soit pour les plus chanceux sur les quelques transats de la scène. Les deux japonaises derrière le pianiste ont fait un sacré roupillon. La nuit blanche de la philharmonie, une solution quand on n’a pas trouvé d’hôtel pour la nuit !
Une ambiance étrange. On aurait presque aimé alors un éclairage plus travaillé, plus intime.

La nuit fantôme
Le meilleur moment de la soirée et le plus émouvant fut la nuit fantôme au studio de la philharmonie. Une expérience inédite et bouleversante dans un studio tamisé et intime avec trois spécialistes, dont deux octagénéraires passionnés, et prêts à rester jusqu’à 6h du matin pour nous partager leur passion des pianos mécaniques.
Grâce à des rouleaux d’enregistrements historiques connectés au mécanisme de trois pianos, nous pûmes entendre jouer devant nous Prokofiev, Rachmaninov, Scriabine ou Glazounov. Une grande émotion, entrecoupée des trais d’humour de Rex Lawson, avec interminable barbe blanche et ces petites lunettes.
Nous n’avons pas pu quitter la salle et nous en avions repris pour une heure de plus avec Gershwin, Duke Ellington et Scott Joplin jusqu’à 3h du matin.

Vladimir.

Visuel : ©Vladimir.

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La Rédaction

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