Actu

Navarro passe l’arme à gauche

Navarro passe l’arme à gauche

12 février 2015 | PAR Matthias Turcaud

On connaît tous son visage dont il a prêté les traits pendant près de trente ans et pour pas moins de 108 épisodes au fameux commissaire Navarro sur TF1 et pour lequel il percevait la somme de trois millions de francs par épisode – un record dans la télévision française d’alors -, mais sait-on qui se cachait derrière ce personnage emblématique ? 

Derrière ce personnage emblématique se cachait le quatrième enfant d’une famille juive algérienne qui en avait cinq. Astreint à une pratique sportive intensive à cause d’une maladie infantile, il entame des études de pharmacie à Alger, puis les poursuit à Paris pour bons résultats. Rien ne le prédestine alors à devenir comédien, mais cela se fait par hasard, par le biais d’un ami décorateur qui l’amène à s’essayer en tant que figurant.

Connu comme le beau-frère de Mitterand, comme acteur de théâtre ayant joué les plus grands auteurs – de Shakespeare à Molière en passant par Arthur Miller, Victor Hugo et Paul Claudel -, ou pour ses diverses productions filmiques – réalisés pour le cinéma comme ceux, « des films de mafia français », signés Alexandre Arcady ; ou la série Palace de Jean-Michel Ribes -, il restera cependant dans les mémoires pour son rôle qu’il a investi de sa voix de stentor et sa pratique solide du théâtre, celui d’Antoine Navarro, un commissaire viril et sensible à la fois, paternaliste avec ses collègues et père d’une fille avec laquelle il entretient une relation très fusionnelle ; un rôle qui lui a valu deux 7 d’Or ainsi que la sympathie éternelle d’un public très élargi, et qui lui colla véritablement à la peau. Pierre Grimblat, producteur du feuilleton, déclare même que l’épouse de Roger Hanin l’accusait de le lui avoir confisqué, Hanin passant beaucoup plus de temps sur le décor de Navarro que dans son domicile conjugal.

Générique et extrait de l’épisode de « Navarro », « Sentiments mortels » (1995).

Crédit photo : creative commons.

[La recette de Claude] Boeuf bourgignon « express »
« Les Enfants du soleil » : Gorki au fil de collisions cocasses et brillantes
Matthias Turcaud
Titulaire d'une licence en cinéma, d'une autre en lettres modernes ainsi que d'un Master I en littérature allemande, Matthias, bilingue franco-allemand, est actuellement en Master de Littérature française à Strasbourg. Egalement comédien, traducteur ou encore animateur fougueux de blind tests, il court plusieurs lièvres à la fois. Sur Toute La Culture, il écrit, depuis janvier 2015, principalement en cinéma, théâtre, ponctuellement sur des restaurants, etc. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *