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Mort de Tony Allen : l’afrobeat perd le rythme

Mort de Tony Allen : l’afrobeat perd le rythme

01 mai 2020 | PAR Clémence Varène

« L’homme. Qui joue comme cinq batteurs »* nous a quitté hier, le 30 avril, des suites d’un malaise cardiaque, à l’âge de 79 ans. Il avait commencé la musique à 18 ans, en autodidacte.

Tony Allen, musicien nigérian, né en juillet 1940, avait travaillé avec son compatriote Fela (Anikulapo) Kuti de 1968 à 1979, comme batteur et directeur artistique. Ensemble, ils ont créé l’afrobeat, un mélange de rythmes africains, de jazz et de funk. Le mouvement né lors d’une tournée au sein d’une Amérique bouleversée par les revendications afro-américaines. Ces combats leur inspireront d’ailleurs de nombreux textes engagés.

Peu après, alors que Fela Kuti se tourne plus vers la politique, et devenant un défenseur du panafricanisme, Tony Allen lui continue la musique. Il se tourne alors vers des musiques proches du rock et de l’électro. À cette époque, il collabore avec des artistes comme Doctor L, les frères Belmondo ou encore Ali Boulo Santo. Il a également accompagné Manu Dibango, qui nous quittait il y a quelques semaines (notre hommage ici).

Au milieu des années 2000, il s’associe à Damon Albarn, chanteur de Blur et de Gorillaz, pour créer un nouveau groupe : The Good, the Bad and the Queen. Ils sont accompagnés de Simon Tong, et de Paul Simonon, ancien guitariste de The Clash. À eux quatre, ils forment donc un supergroupe.

Tony Allen laisse dernière lui une discographie massive, avec plus d’une soixantaine de disques en collaboration, et une douzaine en solo. Un enregistrement de sa rencontre avec Hugh Masekala dans les années 2010, Rejoice, était sorti fin mars. Une chose est sûre, celui que Brian Eno appelait « le meilleur batteur du monde » laisse dernière lui l’empreinte de ses baguettes.

*Paroles de Fela Kuti, qui dû changer de batteurs 4 fois après le départ d’Allen du groupe Afric 70. 

Visuel : Tony Allen © all creative commons – flickr

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Clémence Varène

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