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Tunisie, une révolution 2.0?

Tunisie, une révolution 2.0?

18 janvier 2011 | PAR Benoit Dabout

Depuis le 17 décembre 2010, la Tunisie traverse une période de trouble politique. Pendant longtemps, l’international n’a pas reçu d’informations sur le soulèvement populaire par le biais des médias traditionnels. Le pays est fermé et il est très dur de s’informer. C’est par Internet que le monde a suivi la Révolution du Jasmin. Alors que les tunisiens sont les plus nombreux du continent africain à utiliser l’outil informatique (plus de 2 millions d’inscrits sur Facebook) quel a été le rôle d’Internet et des nouvelles technologies dans la circulation de l’information sur les derniers évènements politiques en Tunisie ?

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un marchand tunisien de Sidi Bouzid, s’est immolé pour protester contre la fermeture de son commerce. C’et évènement a déclenché des manifestations contre la situation économique en Tunisie. Depuis, le peuple tunisien s’est lui-même libéré de la présidence de Zine El-Abidine Ben Ali. Les nouvelles technologies (et notamment le réseau social facebook) ont permis de relayer l’information sur ce soulèvement et de créer un sentiment d’union entre les tunisiens. Ce n’est pas la première fois que le web 2.0 est au plus près d’une actualité politique brûlante. Lors de la révolution des bonzes birmans en 2007 et de la révolution verte de 2009, après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en Iran, on a même vu s’amorcer des e-révolutions montrant la puissance du Web. Même si ces dernières furent vite étouffées. En Tunisie, les actions menées sur le web semblent bien avoir porté le mouvement de protestations jusqu’au bout : Après 23 ans à la tête du pays, Ben Ali a quitté la Tunisie pour l’Arabie Saoudite.

Une liberté très contrôlée

Le peuple s’est soulevé pour plusieurs raisons. La misère sociale, les entraves à la liberté d’expression et l’inflation ont mené à la révolution. Le pays censure et opprime son peuple, par conséquent il n’y a pas de média indépendant : la télé, la presse et internet sont tous contrôlés par l’État. Sur place, il est donc très difficile de s’informer. Les médias tunisiens n’ont pas relaté les évènements et les médias occidentaux n’ont pas anticipé la Révolution du Jasmin. Le 15 janvier nous avons appris, avec joie et crainte, la fuite du président tunisien. Cette annonce a fait office de bombe dans le paysage politique mondial.

L’échec du journalisme traditionnel

Le travail de fond du journalisme n’ayant pas pu être effectué, les journalistes ont tenté de puiser leurs sources dans les réseaux sociaux comme Twitter. Mais, entre la censure de l’Etat et l’absence de Twitter (peu populaire en Tunisie), il est devenu très difficile de faire passer l’information. La preuve en France, où aucun journal télévisé n’a pu couvrir la révolution tunisienne à ses débuts.

Facebook est rapidement devenu le lieu où il fallait suivre l’avancement de la situation. Les journalistes auraient pu utiliser leur réseau « d’amis » tunisiens sur Facebook pour se forger une opinion sur les revendications de la jeunesse face au pouvoir.

Le rôle prépondérant des nouvelles technologies

Fort de 2 millions d’inscrits, soit plus de la moitié des internautes tunisiens, le réseau social Facebook est un excellent espace de discussion et d’information sur la vie en Tunisie. Étonnant, lorsque internet est littéralement censuré dans ce pays. Mais le site est vraiment le seul espace de liberté se trouvant sur la toile tunisienne.

Youtube a également joué  un rôle important ; c’est par le site que des vidéos ont pu circuler. Elles sont le témoignage des manifestations et de la désinformation des médias tunisiens.

L’affaire de Sidi Bouzid a créé un buzz sur le net. Sur Facebook, on trouve des dizaines de pages. C’est par ces actions que des groupes de manifestants se sont formés.

 

La Révolution du Jasmin fait naitre une nouvelle interrogation. Outre l’émancipation du peuple face au pouvoir, Facebook est apparu une nouvelle fois comme une source d’information locale essentielle pour les journalistes mais dont le contenu, personnel et non professionnel, nécessite une distance critique d’utilisation.

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Benoit Dabout

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