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The Kennedys : une mini-série qui ne convainc qu’à moitié

The Kennedys : une mini-série qui ne convainc qu’à moitié

05 juillet 2011 | PAR Morgane Giuliani

Ce soir, à 20h35, France 3 diffuse en avant-première dans l’Hexagone The Kennedys, la mini-série de 8 épisodes qui a déchaîné les passions Outre-Atlantique. Retour sur une polémique américaine.

Une histoire américaine qui fascine

The Kennedys relate l’ascension de John Fitzgerald Kennedy, incarné par le talentueux Greg Kinnear (Little Miss Sunshine), du moment où son frère Joe décède à la guerre et son père (joué par Tom Wilkinson) place ses espoirs en lui, en passant par sa présidence, jusqu’à son décès lors d’un attentat. Une période vaste, donc, où de nombreux changements surviennent, faisant entrer les Etats-Unis dans une nouvelle ère, avec l’arrivée du « American Dream », parfaitement incarné par cette famille d’origine irlandaise et pauvre.Sur la scène politique, la Guerre Froide avec l’URSS frôle la catastrophe nucléaire avec la crise de Cuba en 1964, mais aussi le bourbier vietnamien, dont le pays ne se remettra que difficilement.


Période faste également car bien sûr, les frasques de la famille Kennedy sont passées au peigne fin : trahisons, manipulation, argent, sexe. On a en effet prêté de nombreuses relations extraconjugales à JFK, s’affichant pourtant dans les médias en père de famille heureux auprès de son épouse Jackie, incarnée par Katie Holmes (Batman Begins) et de leurs enfants. La série veille ainsi à décrypter l’avènement d’une technique nouvelle : la communication politique. On se souvient notamment de la mythique photo parue dans Life, le Paris Match américain, où l’on pouvait voir le fils Kennedy jouer aux pieds de son père affairé dans le Bureau Oval à la Maison Blanche. En voulant se pencher sur la face sombre du clan, les créateurs ont dû faire face à son mécontentement, allant jusqu’à demander l’annulation de la série.

La méfiance du clan Kennedy

Imaginée et supervisée par Joel Surnow, co-créateur de la série culte 24h Chrono, la série a rapidement suscité l’indignation, puis l’agacement de la famille Kennedy, à commencer par Caroline, la fille du couple présidentiel. A&E Television Networks, maison-mère de la chaîne History, qui avait commandé la mini-série, a été confronté à un lobbying intense, qui a beaucoup influencé l’abandon du projet par la chaîne en janvier 2011, a révélé The Hollywood Reporter. Cette version a bien sûr été démentie, History stipulant qu’elle n’avait tout simplement pas été satisfaite du résultat final, pas assez authentique d’un point de vue historique.

Finalement, c’est une petite chaîne câblée, Reelz Channel, qui a repris le projet et l’a diffusé, réalisant par là son record d’audience : 1,9 millions de spectateurs.

Quand les historiens s’en mêlent

Par la suite, The Kennedys a été attaquée de toute part et notamment par des historiens, reprochant son inexactitude. Un homme en particulier a contribué à cette descente en flèche : Robert Greenwald, un réalisateur libéral, qui avait obtenu des copies du script de Kronish et les avait envoyées à des historiens, dont il a ensuite compilé les critiques sur le site stopkennedysmears.com. Il partait de l’idée que le créateur et superviseur de la mini-série, Joel Surnow, connu pour ses affinités avec les conservateurs américains, ne pouvait pas être objectif .

Pis encore, David Talbot, dont le best-seller décryptant l’histoire des frères Kennedys, Brothers: The Hidden History of the Kennedy Years and Devil Dog, a pourtant inspiré le script, s’est joint à la longue liste d’historiens mécontents, mettant par exemple en cause la présentation de JFK comme d’un président indécis sur la question des droits civiques. Surtout, il conteste formellement qu’il ait été indifférent sur le crime organisé, lorsque son père Joseph Kennedy lui a demandé de fermer les yeux quant aux agissements du truand Sam Giancana, ce que Talbot décrit comme étant « une violation totale de la véracité historique ».

A ces remises en cause, Joel Surnow a contesté que les historiens aient eu en main des versions inachevées du script, et auraient alors critiqué la série trop rapidement, avec l’empressement qu’un sujet tel que les Kennedy peut déclencher aux Etats-Unis.

Une série juste mauvaise ?

Au-delà du soupçon partisan ou du mensonge historique, la série en elle-même n’a pas été bien accueillie par les médias. Ils lui reprochent notamment son côté « Dallas » trop poussé au détriment de l’intrigue historique, à grand renforts de scènes mélo-dramatiques et de phrases choc à la limite du kitch. Aux Etats-Unis, si la chaîne câblée Reelzchannel, qui a pris la suite de History,  a réussi à atteindre son pic de spectateurs, il n’en demeure pas moins que la série s’est rapidement essoufflée au fil des 4 semaines d’exploitation, de même dans les autres pays où elle fut diffusée (Australie, Royaume-Uni, Belgique).

Ce soir, The Kennedys fera son entrée sur les écrans français, un petit évènement que France Télévisions annonce depuis un moment à grand renfort de bandes-annonces et affiches publicitaires. Reste à savoir si le public français se passionnera pour cette fresque en demi-teinte.

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Morgane Giuliani

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