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Renaud Camus récidive

26 avril 2010 | PAR Cecile David

Fondateur et président du parti de l’In-nocence (absence de nuisance) depuis 2002, Renaud Camus fait couler beaucoup d’encre. Depuis la parution en 1994 d’un article douteux dans lequel il dénonce ce qu’il appelle la « sur-représentation » des juifs dans une émission de France Culture, l’écrivain français est régulièrement accusé d’antisémitisme et de racisme en général.

Nouveau coup d’éclat dans l’affaire Renaud Camus

« L’affaire Renaud Camus » alimente de nouveau les conversations depuis la parution d’un communiqué daté du 27 mars 2010. Monsieur Camus s’inquiète de la  « contre-colonisation violente » et du « Grand Remplacement » que vivrait actuellement la France. Le parti de l’In-nocence félicite ainsi l’animateur de l’émission « Répliques » (France Culture) « Alain Finkielkraut et ses invités » pour avoir enfin répudié « ce qu’on pourrait appeler le “saccharinois”, ou le “lénifiançais”, ou le “français d’après”, cette sinistre novlangue qui pour ne pas blesser la sensibilité à fleur de peau des antiracististes organiques nomme la société arabo-noire “les milieux populaires”, les territoires africano-musulmans “les cités”, le défi perpétuel et l’étalage de la violence des “incivilités” ou, sa plus délicate trouvaille, les zones de non-droit et les secteurs sécessionnistes (sauf pour les allocations et subventions) les “quartiers sensibles” . »   L’écrivain français nous assomme par ses termes volontairement insolents qu’il enroule habilement dans des tournures alambiquées pour mieux nous troubler.

Dans le même article, Renaud Camus exprime tout son soutien à Eric Zemmour « harcelé de toutes parts pour oser tenir en public un discours qui correspond un peu, enfin, à l’expérience quotidienne de nos concitoyens. » Rappelons que le journaliste du « Figaro » fait actuellement l’objet d’attaques sévères pour ses propos tenus dans l’émission de Thierry Ardisson, « Salut les Terriens ». Selon Monsieur Zemmour si les immigrés sont plus contrôlés par la police que les autres Français c’est parce que « la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes ». La LICRA s’est empressée d’attaquer le journaliste en diffamation tandis que ses collègues (notamment Eric Naulleau) et la rédaction du « Figaro » ont expressément pris sa défense, assurant que les paroles pointées du doigt ont été sorties de leur contexte et qu’Eric Zemmour est tout sauf raciste.

Sylvain Bourmeau rapporte les faits dans son émission sur France Culture « La suite dans les idées ». L’animateur rappelle aux auditeurs que « racisme et antisémitisme vont souvent de paire » et qu’ils ne sont pas seulement « l’apanage des jeunes des cités. » Deux jours plus tard, le 12 avril, le parti de l’In-nocence réagit et affirme que les accusations concernant l’affaire Camus sont « totalement sans fondement ». Il dénonce également le « nouveau Radio-Paris de la tyrannie médiatique antiracististe, métissolâtre et immigrationniste » qu’incarne Sylvain Bourmeau.

Une controverse qui ne date pas d’hier

« Les collaborateurs juifs du Panorama de France-Culture exagèrent  un peu tout de même. » La phrase, extraite du journal de Renaud Camus paru en 1994 puis en 2000 sous le titre « Campagne de France » (Editions Fayard), est le point de départ d’une controverse agitée. Des personnalités telles que Alain Finkielkraut, Camille Laurens, Emmanuel Carrère, Marianne Alphant et Élisabeth Lévy expriment leur soutien à l’écrivain au nom de la liberté d’expression. Une pétition signée par des grands noms de la culture française et étrangère rappelle que « tout écrivain – comme tout citoyen – doit pouvoir se défendre » et que l’auteur a par conséquent le droit de s’exprimer au travers des médias pour qu’au moins les lecteurs puissent juger par eux-mêmes.

D’autres, comme Marc Weitzmann (‘Les Inrockuptibles’) sont moins conciliants. Les textes de Renaud Camus sont pour lui antisémites, « n’en déplaise à ceux qui préfèrent se voiler la face en censurant d’une manière ou d’une autre sa « Campagne de France » » (« La Peste, » par Marc Weitzmann, « Les Inrockuptibles »). L’écrivain se défend de ces accusations en affirmant que ses propos n’étaient pas à teneur antisémite. Il rappelle même que selon lui  « la race juive a apporté à l’humanité une des contributions spirituelles, intellectuelles et artistiques parmi les plus hautes qui soient » et qu’il emploie le mot « race dans une de ces acceptions les plus traditionnelles en français. »  Toute l’élite intellectuelle française prend position dans cette affaire. Les Éditions Fayard retirent finalement le dit exemplaire des ventes peu de temps après sa parution tant la polémique enfle. Un site a regroupé les documents relatifs à ce tollé national pour mieux saisir l’ampleur du débat.

Dix ans plus tard, l’homme de lettres n’a toujours pas la plume dans sa poche et récidive. C’est un fait, Renaud Camus aime abuser des phrases chocs pour dénoncer une « contre-colonisation » qui n’existe vraisemblablement qu’au travers de ses néologismes, fruits de son imagination débordante. Toujours est-il qu’au pays des droits de l’homme, il est en droit d’exprimer son opinion en toute liberté.

 

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Cecile David

3 thoughts on “Renaud Camus récidive”

Commentaire(s)

  • saintaubin

    hélas,les accusateurs de Zemmour,Camus,Finkelkraut et autres sont les principaux responsables d’un nouvel antisémitisme et ils ne s’en rendent même pas compte !!

    mai 2, 2010 at 12 h 58 min
  • Bastien

    « fait couler beaucoup d’encre »

    A. Cliché

    B. Faux : ne fait couler l’encre de ceux qui aiment à la faire couler.

    octobre 27, 2010 at 21 h 51 min
  • Malgreque

    Article lui-même bourré de racourcis et extrêmement partisan. Pour juger sur pièce plutôt que par des morceaux tronqués par les médias, autant s’informer à la source : http://www.renaud-camus.net/affaire/
    Sur ce site, Renaud Camus a eu l’honnêteté de mettre ligne l’intégralité des pièces du dossier, y compris les plus critiques.

    On peut ne pas partager ses opinions politiques. Mais, quoi qu’il en soit, les choses se révèvelent plus nuancées qu’elles n’y paraissent quand on prend le temps de s’y pencher et qu’on oublie les contre-vérités des médias. Renaud Camus est anti-immigration, oui, mais il n’est ni antisémite, ni raciste, ni même xénophobe.

    Pour ceux qui voudraient approfondir et connaitre le point de vue de cet écrivain sur les grandes questions que cette affaire ont soulevées (sur les médias, la Turquie dans l’Europe, l’antiracisme, la liberté d’expression, etc.), je recommande la lecture de son livre intitulé Du sens. Passionant.

    février 15, 2011 at 9 h 43 min

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