Medias

Noticiero Digital, le site internet qui irrite Chavez

07 juin 2010 | PAR Cecile David

Le président vénézuélien souhaite mener une enquête sur le site internet d’information Noticiero Digital. Il lui reproche d’inciter ses lecteurs au coup d’État.

« Ce n’est pas tolérable » a déclaré Hugo Chavez à propos d’articles publiés sur le site en question (AFP). « Des incitations à un coup d’État continuent à apparaître » se désole le président qui redoute peut-être la reconduite d’un putsch similaire à celui d’avril 2002, parvenu lors de son émission culte « Alo Presidente ». Il avait alors été exclu du gouvernement pendant deux jours. Selon le président, le site aurait affirmé en mars dernier que le ministre des Travaux Publics Diosdado Cabello avait été assassiné, une calomnie soutient-il. Cette fois-ci, l’accusation vise un article dans lequel il serait stipulé que « les militaires (vénézueliens) se tiennent prêts à agir. » Petit problème, le papier en question n’a encore pas été retrouvé. Noticiero Digital explique qu’il s’agit là d’un commentaire publié sur un de leurs forums et non d’une brève écrite par un journaliste professionnel. Le site rappelle qu’aucune censure n’est établie sur ses espaces de dialogue. Peu importe, le président ne capitule pas.

Depuis son arrivée au pouvoir, Hugo Chavez entretient des relations souvent tendues avec la presse, au travers de laquelle il tente de transmettre au peuple vénézuélien une image sans reproche de sa politique. Ainsi, une fois par semaine, toutes les chaînes publiques de radio et de télévision suspendent leur programmation en cours pour diffuser en direct le discours du président. Début 2010, certaines chaînes ont été suspendues pour avoir entre autres refusé la retransmission de son allocution. Le quotidien « El National » rappelle en juin 2007 que 106 atteintes à la liberté d’expression on été enregistrées par l’ONG Espacio Publico. Les médias nationaux et internationaux sont nombreux a critiquer la mainmise du chef de l’État latin sur la presse de son pays. En Août 2008, « Courrier International » reprend les propos de El nuevo Herald pour souligner l’omniprésence du président Chavez au sein de l’espace médiatique vénézuélien. Il aurait ainsi passé plus de 2 500 heures « à sermonner le pays à la radio et à la télévision, » depuis son arrivée à la tête du gouvernement,  « soit l’équivalent de 318 jours ouvrables, ou un an et demi à parler entre sept et huit heures par jour » (professeur Antonio Pasquali de l’Unesc)

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Cecile David

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