Medias

NETFLIX QUESTIONNE LE CINÉMA

NETFLIX QUESTIONNE LE CINÉMA

12 février 2019 | PAR Luca Juilliard

Alors que le film “Roma” d’Alfonso Cuaron a obtenu 10 nominations aux oscars et que le film “Elisa et Marcela” d’Isabel Coixet est en compétition officiel à la Berlinale. La position de Netflix dérange et interpelle le monde du cinéma. Explications :

Le débat qui divise l’industrie est simple : Un film de cinéma doit-il nécessairement être montré en salle ? La majorité des professionnels du secteur sont catégoriques. Ne pas montrer les films en salle serait une perte importante pour le septième art.

 

Des engagements nécessaires

Afin d’être en compétition à Berlin le géant américain a dû s’engager à réaliser une sortie en salle du film en Allemagne. Le directeur du festival Mr Dieter Kosslick l’affirme au micro d’Arte : “si Netflix ne respecte pas ses engagements sur une sortie en salle, ils seront surement écarté de tous les grands festivals.” La polémique n’est pas nouvelle car en 2018 à Cannes, le groupe avait été écarté pour les mêmes raisons.

Toute une industrie touchée

Le problème amené dépasse l’aspect visuel d’une salle de cinéma. Il est important de rappeler que les festivals ont été créés pour donner une vitrine aux films. C’est tout une chaîne de production qui en bénéficie, producteur, distributeurs, exploitants de salles. De par son mode de diffusion novateur, Netflix se place donc comme seul exploitant d’un film. Ainsi, c’est toute l’industrie du cinéma qui est remise en question.

Quels enjeux pour les spectateurs ?

Pour les spectateurs, d’autres questions se posent. Bien sur, il y a les puristes qui vous diront qu’un film ne peut être apprécié réellement qu’en salle. Mais pour d’autres amateurs, la plateforme apporte un contenu novateur plus qu’appréciable. Malgré leurs lacunes actuelles en longs métrages. Netflix semble de plus en plus enclin à donner aux réalisateurs une liberté rare dans le cinéma d’aujourd’hui, toujours en quête de box offices faramineux. On peut citer “Roma” d’Alfonso Cuaron, “Okja” de Bong Joon-Ho et d’autres sont à venir. Voir encore plus de créations à gros budget s’écartant des remakes et autres Marvel serait aujourd’hui un vrai bol d’air pour les cinéphiles.

 

Vers une transformation inévitable

Netflix est certes le précurseur des plateformes de vidéos à la demande. Mais d’autres sont dans les starting block pour s’attaquer à ce nouveau marché. Amazon Prime notamment produit lui aussi des films ambitieux. On se souvient du chef-d’œuvre “Cold War” de Pawel Pawlikowski qui a remporté le prix de la mise en scène lors de la dernière édition du festival de Cannes. La tendance actuelle nous montre donc que ces entreprises sont prêtes à mettre des budgets importants dans des films plus “risqués” pour notre plus grand plaisir. L’industrie du cinéma traditionnelle, quant à elle, aura besoin de se renouveler et de trouver des alternatives afin de tenir tête à ces nouveaux concurrents. Ce schéma n’est pas sans rappeler celui de l’arrivé des chaînes de télévisions dans l’industrie. Ce qui est sûr, c’est que les prochaines années seront intéressantes à suivre!

Visuel © Netflix

James Blake « Assume Form » : la beauté et le spleen de ce nouvel album méritent une attention particulière.
« Der goldene Handschuh » de Fatih Akin : De la légende hambourgeoise au tapis rouge de la Berlinale
Luca Juilliard

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *