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Mega déjà sur la sellette ?

Mega déjà sur la sellette ?

05 février 2013 | PAR Sandra Bernard

Quelques semaines tout juste après son lancement, Mega, le nouveau site de partage de contenus en ligne provoque déjà de nombreux débats tant au sein de la communauté internet que du côté des ayants droits.

Le successeur de Mega Upload était présenté, il y a à peine quelques jours, comme la solution au partage en ligne avec la possibilité de crypter ses données, le tout en narguant (presque ouvertement) les autorités et les ayants droits. Cette fois, ce sont les utilisateurs potentiels qui s’interrogent. En lisant la CGU (Condition Générale d’Utilisation), télérama a relevé plusieurs motifs d’inquiétude :

Dans sa FAQ (Foire Aux Questions) Kim Dotcom, le fondateur de la plateforme, implique désormais la responsabilité des internautes dans le partage de fichiers protégés par le copyright. Mega se cache derrière le fait qu’il n’est qu’un prestataire de services. C’est une clause récurrente des contrats d’utilisateurs de ce genre de site qui ne devrait surprendre personne et pourtant…

Le cryptage existe bel et bien, mais une fois le fichier chiffré, il faut partager cette clé de chiffrement avec le destinataire. En outre, tous les fichiers d’un utilisateur seront cryptés avec une clé unique… Donc, que se passera t-il quand les clés seront partagées ? Pour certains fichiers MegaUpload, une clé était déjà nécessaire pour télécharger un fichier, et ces clés étaient facilement dénichables sur la toile. Il est également certain que tous les utilisateurs ne vont pas se donner la peine de chiffrer chacun de leurs fichiers. Rappelons que ce n’est pas un site de P2P (Peer to peer), le fichier est déposé sur un serveur distant. Enfin, certains experts auraient déjà découvert des failles de sécurité exploitables.

L’hébergement et le transfert de fichiers peut se faire gratuitement sur de nombreux autres sites. Mais Mega propose 50 Go de stockage gratuit, ce qui est bien supérieur aux offres concurrentes. De plus, certains se demandent pourquoi payer pour du contenu illégal alors que l’on peut souvent se le procurer légalement ? C’est une question récurrente depuis l’apparition de ce type de sites.

Le site n’est pas encore opérationnel, d’une part il est très surveillé, et d’autre part il s’est vite retrouvé saturé, rendant les serveurs inaccessibles pendant plusieurs heures.

L’information la plus préoccupante est l’accès aux informations personnelles et aux fichiers (non cryptés), d’autant que ces informations ne sont, pour leur part, pas chiffrées, comme le rappelle les CGU : « Les informations auxquelles nous devons avoir accès, telles que votre adresse mail, votre adresse IP, l’arborescence de vos dossiers, la propriété de vos fichiers et vos informations bancaires, sont stockées et traitées de manière non chiffrée. ». En ce qui concerne le retrait, par les administrateurs, de fichiers jugés non conformes à la politique de Mega, c’est également une clause régulière des CGU des sites pouvant héberger du contenu, donc rien de trop alarmant, tout comme la suspension des comptes utilisateurs convaincus de fraudes multiples.

Pour conclure, Mega se présente comme un site entièrement légal, prenant bien soin de se couvrir juridiquement en rejetant les responsabilités sur les utilisateurs, mais ne proposant pas vraiment de moyen de contrôle des fichiers déposés. Pour une utilisation classique, son offre de stockage gratuit de 50 Go  est très alléchante. Cependant, la vraie question concerne le traitement, l’accès et l’utilisation des données personnelles, non soumises à la CNIL pour un site étranger. Pour finir, il semble que le fondateur cherche à atteindre une masse critique de fichiers légaux et illégaux et d’utilisateurs pour faire un véritable pied de nez aux autorités judiciaires et aux sociétés productrices de biens culturels. Peut être le prochain MIDEM apportera t’il une proposition de réponse face à cette nouvelle boutade de Kim Dotcom.

Visuel : Capture d’écran site mega SB

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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