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Le coming out du magazine « Mithly » sème le trouble en terre marocaine

21 avril 2010 | PAR Cecile David

Sorti le 1er avril dernier, « Mithly » est le premier magazine gay du monde arabe. C’est un choc  pour les conservateurs marocains qui condamnent fermement l’homosexualité. Dans le monde gay et lesbien, on salue l’audace de l’association Kif-Kif.

Une publication audacieuse

« Les actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe » sont punis de 6 mois à 3 ans d’emprisonnement et d’une amende, selon l’article 489 du Code pénal marocain. Pourtant, Samir Bargachi a osé : le coordinateur général de Kif-Kif, l’association de défense des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels marocains, a lancé un magazine pour que les hétéros ne soient plus les seuls à s’exprimer en toute liberté. Mais l’éditorialiste de « Mithly » se rappelle  une confrontation avec  un mur infranchissable : « c’était tout simplement impossible d’obtenir un numéro de dépôt légal et une autorisation de publier. » (Rue89)
Peu importe, 200 exemplaires du magazine papier sont imprimés clandestinement à Rabat. Les initiateurs fondent cependant leur espoir de réussite sur le site internet du mensuel, plus accessible. »Mithly » a pour vocation de devenir un espace d’expression pour une communauté opprimée par les instances supérieures du pays.

Un État conservateur

Bien que l’État marocain tente de redorer son image auprès des pays européens en affichant sa volonté de lutter contre les mouvement islamistes, en matière de mœurs des progrès restent à fournir.
Des hommes condamnés pour « perversion sexuelle » alors qu’ils assistaient à un mariage homosexuel (monté de tout pièce), des arrestations arbitraires lors de manifestations gays, un ancien ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, qui qualifie de « honteux » le comportement de la communauté gay et un un journal « Attajid », porte-parole du parti islamiste, qui n’hésite pas à lapider ses défenseurs. La stigmatisation pourrait être résumée par une appellation « Chaddh » (pervers) qui en dit long sur l’image que véhiculent les médias sur cette minorité bafouée.

Kif-Kif est né au travers de son soutien envers  42 homosexuels arrêtés en 2004 lors d’une soirée à Tétouan, dans le nord du pays. Le ministère de l’Intérieur n’a toujours pas reconnu officiellement l’association. La demande a pourtant été effectuée il y a 4 ans déjà, en 2006.

La publication de « Mithly » sème la zizanie dans la société marocaine. Les conservateurs redoutent cette avancée, ce changement qui bouleverse les normes traditionnelles. Pourtant, le mensuel reste soft. Les illustrations se font rares et discrètes. Quant au contenu des annonces, essais et autres articles, rien ne semble justifier une telle furie de la part des opposants.

Rappelons que le taux de suicide chez les homosexuels marocains est l’un des plus élevés au monde. « Mitlhy » abordera ce sujet sensible au travers d’un dossier spécial dans son deuxième numéro. La hache de guerre est déterrée.

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Cecile David

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