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Hobbies : des passions sous toutes leurs formes

Hobbies : des passions sous toutes leurs formes

07 décembre 2020 | PAR Simon Théodore

Diffusés durant le mois de décembre sur Canal +, les documentaires Hobbies reviennent pour une saison 2. Au travers de huit courts-métrages, de jeunes cinéastes ont suivi des individus aux passe-temps originaux et atypiques. Au menu de cette nouvelle saison : mondes virtuels, amateurs de K-Pop ou encore chercheurs de trésors…

« Hobbies, à chacun le sien »

Créée en 2015 par Lambert Stroh et Grégoire Belhoste, la revue Hobbies n’a cessé d’évoluer et de faire découvrir des passions insoupçonnées, toutes plus étonnantes les unes que les autres. Depuis l’année dernière, le projet se décline en une série de mini-documentaires sur Canal +. Lors de la première saison, on découvrait la passion de Mitch pour la culture amérindienne, la discipline sportive du hockey subaquatique ou encore les dangereuses et vertigineuses activités de jeunes, gravissant des cathédrales ou s’élançant de corniches escarpées. « Hobbies, à chacun le sien » rappelle le slogan du magazine. Comme le souligne Grégoire Belhoste, « les hobbies sont un vivier d’histoires captivantes. Peu importe leurs origines sociales ou géographiques, les passionnés investissent énormément dans ces activités. Ce ne sont pas de simples ‘passe-temps’, comme on l’entend parfois. La passion que l’on choisit, ou que l’on nous lègue, dit toujours quelque-chose de nous, et ce quelque chose vaut le coup d’être raconté ».

Cette année, les règles sont inchangées. Le format de douze minutes est conservé et le choix est de laisser s’exprimer de jeunes réalisatrices et réalisateurs. Le menu de la deuxième saison se compose alors de compétions de bras de fer et de stock cars, de rencontres avec des adeptes de BMX et de K-Pop ou encore d’une plongée dans le monde virtuel de Second Life. Il en ressort huit films, parfois intenses et émouvants, dans lesquels l’humain est au centre. Plutôt que de tomber dans une accumulation de portraits stéréotypés, il s’agit d’évoquer l’amour d’un fils pour sa mère ou de montrer comment des passions se transmettent en famille, de génération en génération. Pour d’autres de ces personnages extraordinaires, il y a une volonté de rompre avec un quotidien, parfois compliqué, ou de s’affirmer en tant qu’individu unique. Quant à Salomé, c’est la quête de liberté qui l’anime. « Le vide, la hauteur, j’ai toujours adoré. T’es au milieu de rien et au-dessus de tout » dit-elle quand elle monte sur sa slackline…

« Regarder une saison de Hobbies, c’est un peu comme regarder un festival de cinéma »

Bien que la diversité des sujets présentés reste au cœur de la démarche, certains univers peuvent sembler familiers si l’on a vu la première saison. On pensera notamment à la fureur des moteurs et des mécaniques, présentes lors des courses de tractor pulling, que l’on retrouve cette année avec les compétitions de stock cars. Néanmoins, cette nouvelle saison se distingue par les expérimentations proposées par les jeunes cinéastes, avec toujours le souci de coller aux hobbies dévoilés et aux profils atypiques . « Ce qui me plait dans le format ‘anthologie documentaire’, c’est peut-être avant tout l’hétérogénéité des films. Aucun ne se ressemble, chaque réalisateur développe une esthétique et un sens du récit qui lui est propre. Regarder une saison de Hobbies, c’est un peu comme regarder un festival de cinéma. Bolly Coco est un bel exemple de cette liberté. Cela faisait un moment que l’on voulait aborder la question des mondes virtuels » confie le journaliste.

En effet, avec son immersion totale dans l’univers de Second Life, le film de Gabrielle Stemmer est d’une incroyable originalité. Bénéficiant de plans aériens, Louise Hémon rend compte, pour sa part, de la majestuosité des décors naturels dans lesquels évolue Salomé avec sa corde. La recherche du vide se retrouve ainsi retranscrite grâce à de belles images. Dans Bike Life, Julien Guetta utilise des mélodies de musique classique bien connues pour accompagner les virées en BMX de Yanis et de ses amis à travers la capitale. L’effet s’avère à la fois comique et poétique, tant en brisant certains clichés que l’on peut avoir au sujet de la jeunesse des banlieues. Enfin, une dimension tragique et un certain désespoir dominent le film d’Aude Léa Rapin. Avec Fortune, la réalisatrice a suivi un couple œuvrant dans l’illégalité à la recherche de trésors oubliés par le temps. Une vive émotion et une réflexion sur notre monde nous envahissent lorsque le film laisse place aux témoignages de ce couple marginal…

Les aventures Hobbies continuent donc d’étonner, de surprendre et d’innover. Malheureusement, comme pour de nombreux secteurs, la crise sanitaire a ralenti le lancement d’un nouveau numéro papier et la revue ne devrait revenir en librairies qu’au début 2021, avec d’ores et déjà de belles idées. « La crise sanitaire ne nous a pas permis de garder notre rythme de parution habituel, mais nous travaillons sur un prochain numéro pour la fin de l’hiver. Le sommaire proposera notamment un gros dossier sur la boxe, dont on est très contents » annonce Grégoire Belhoste. Pour patienter, il sera donc possible de redécouvrir les précédents numéros pour une lecture confinée et de regarder les épisodes de la saison 2, diffusés les lundis à 23h sur Canal +.

Visuels : © Hobbies / Superstructure/ZED

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Simon Théodore

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