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Marie-Antoinette : « J’existe mon bien aimé et c’est pour vous adorer »

Marie-Antoinette : « J’existe mon bien aimé et c’est pour vous adorer »

25 novembre 2015 | PAR Pauline L'Huillier

C’est un coup de foudre, une histoire d’amour impossible. Les échanges passionnés entre la reine de France Marie Antoinette et le jeune officier suédois Hans Axel de Fersen figurent parmi les lettres les plus secrètes de l’Histoire de France. C’est avec l’idée de déchiffrer la totalité de leur correspondance, que la Fondation des Sciences du Patrimoine (FSP) a pu développer des techniques récentes d’imagerie. 

Dans le livre Les coups de foudre qui ont fait la France, Gavin’s Clemente-Ruiz nous raconte les liaisons qui ont changé le cours de l’Histoire, et notamment celle de la dernière Reine de France. Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, (née le 2 novembre 1755 à Vienne – morte le 16 octobre 1793 à Paris), fut la dernière reine de France et de Navarre (1774–1792), épouse de Louis XVI, roi de France et de Navarre. C’est le 30 janvier 1774 qu’elle rencontre Hans Axel de Fersen le jour du bal de l’Opéra. « Le coup de foudre est immédiat. Tout le monde ne pense qu’à danser, jouer de la musique, badiner dans les coins et recoins de Versailles mais Marie-Antoinette, elle, n’a d’yeux que pour cet homme, ce Suédois, né en 1755 à Stockholm, la même année qu’elle. Il est comte, héritier d’un grand et ancien nom de la plus haute noblesse suédoise…  » Cependant, à peine deux jours plus tard, la mort de Louis XV fait soudain de Marie-Antoinette la Reine de France et de Navarre. Désormais, Marie-Antoinette ne peut plus  mener la vie d’une petite princesse insouciante.

Le communiqué de presse des sciences du Patrimoine explique : « De la fin juin 1791 jusqu’à la fin juin 1792, alors que la famille royale est en résidence surveillée aux Tuileries, la reine Marie-Antoinette et le comte de Fersen ont échangé une correspondance secrète, conservée depuis 1982 aux Archives nationales. » On ne connaît pas réellement quelle fut la nature de leur relation. Certains prétendent que Fersen serait le père de Louis XVII, et d’autres, que l’amour qui l’unit à la reine de France serait resté « pur » et platonique. Cependant, tous les historiens s’accordent sur ce point : ces deux êtres au destin tragique se sont follement aimés.

Le cryptage soigné de leur correspondance intrigue et alimente encore plus la fascination pour le mythe de la dernière Reine de France. Dans un article paru en janvier 2014 dans le magazine Sciences et Avenir, l’archéologue Bernadette Arnaud a écrit : « Si une partie de ces lettres codées a pu être déchiffrée, sur d’autres, le texte en est incomplet car il a été en partie masqué par un caviardage. Pour correspondre, la reine et son amant utilisaient un code complexe, dit « poly-alphabétique », nécessitant deux éléments pour être décrypté : une table de déchiffrement et un mot-clé qui changeait à chaque message ».

Au-delà de l’information obtenue sur le contenu de cette correspondance, l’étude qu’a fait l’Equipement d’excellence PATRIMEX a permis, depuis novembre 2015, d’asseoir diverses méthodologies d’imagerie utiles pour analyser plus finement des manuscrits et en extraire des informations invisibles à l’œil nu. Dans un communiqué de presse des Sciences du Patrimoine, daté du 13 novembre, on apprend que « le centre de recherche sur la conservation des collections (CRCC) a pu analyser ces lettres à l’aide de techniques récentes d’imagerie dans trois domaines distincts du spectre électromagnétique : celui des rayons X, du visible et du proche-moyen infrarouge ainsi que celui de l’infrarouge lointain afin de discriminer les deux niveaux d’écriture. »

« Des cartographies chimiques ont été réalisées sur la lettre « 4401_1-43 » datée du 4 janvier 1792, une des rares lettres autographes de Marie-Antoinette. Grâce à de légères variations dans les concentrations de cuivre entre les deux encres, la fluorescence de rayons X sous micro-faisceau (?XRF) a permis de distinguer les deux niveaux d’écriture et d’extraire le texte original (les mots en italique-souligné sont interpolés) : « je vais finire, non pas sans vous dire mon bien cher et tendre ami que je vous aime a la folie et que jamais jamais je ne peu être un moment sans vous adorer ». »

Ce premier succès est intéressant pour l’avancée des techniques mises en œuvre notamment pour comprendre et préserver les biens culturels. En effet, ces techniques pourront être mises à contribution pour analyser et décrypter d’autres palimpsestes.

Visuel : ©archives nationales

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Pauline L'Huillier

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