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Les femmes, le monde et la famille au Festival d’Avignon

Les femmes, le monde et la famille au Festival d’Avignon

06 juillet 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

En conférence de presse, Olivier Py a rappelé les lignes fortes de ce 71e festival d’Avignon qui ouvrira ce soir, dans la Cour d’Honneur avec Antigone de Satoshi Miyagi.

« Le festival reste international ». Effectivement les Premières parlent d’elles-même, la Cour en japonais ce soir, les Carmes en portugais pour Sopro de Tiago Rodrigues, demain. Le directeur du festival rappelle cette volonté d’avoir une « conscience du monde ». La lutte contre les populismes est au cœur du programme de celui qui en des temps plus troubles affirmait ne pas vouloir que le Festival reste à Avignon si la mairie passait au Front National.  Miyagi répond totalement à l’idée que se fait Olivier Py d’un théâtre populaire à l’opposé du populisme.

International, aussi, avec la présence de l’Afrique. « Tous ces artistes ont une manière d’empoigner le politique d’une façon originale et différente ». Les spectacles donnent la parole aux chorégraphes, magnifique outil pour relier le corps et la pensée.  On attend beaucoup de Serge Aimé Coulibaly, Seydou Boro et Salia Sanou.

Une curiosité politique est à saluer. Elle a été repérée dès l’ouverture de la billetterie. Le spectacle le plus demandé était alors Unwanted de Dorothée Munyaneza, sur le viol des femmes au Rwanda. Py l’affirme  « Le politique au théâtre n’a de sens que si il y a du poétique ». En témoigne son travail avec les détenus du Centre Pénitentiaire Avignon-le Pontet. Ils joueront Hamlet les 21 et 22 juillet à la maison Jean Vilar. Un geste qui n’a rien de « caritatif » mais qui est « artistique ». Christiane Taubira  proposera un feuilleton théâtral, On aura tout, à Ceccano, à midi, du 8 du 23. Ce n’est pas l’ex Garde des sceaux qui est là mais la « bibliothèque vivante ».

Les femmes sont présentes dans la programmation mais ce n’est « pas encore la parité ! » . Py pointe le féminisme d’Antigone par exemple. Un autre fil est celui de la famille comme lieu de la violence, L’imparfait de Balazuc en est une bonne illustration.

Rajeunir et accueillir les publics est toujours et encore une priorité du festival. Si 120 000 spectateurs sont attendus, il faut insister sur la place du gratuit. Lectures, expositions et Ateliers de la pensée sont en accès libre. Les billets sont numérisés désormais et les places numérotées pour simplifier l’accès aux lieux.

Nous nous sommes étonnés de la disparition du Festival Resonance qui était jusque là intégré au Festival d’Avignon et qui cette année est accueilli par le Off d’Avignon. Olivier Py a salué cette programmation electro et souhaite que le partenariat se tisse à nouveau.

Visuel : ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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