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Les employés de la National Gallery de nouveau en grève

Les employés de la National Gallery de nouveau en grève

13 août 2015 | PAR Elodie Schwartz

Face à la future privatisation des services du musée, les employés de la National Gallery ont décidé de se mobiliser. Pour une durée indéterminée, ils bloquent ainsi l’entrée du célèbre musée de peintures, espérant une réaction de la part du gouvernement… 

Depuis mardi, les employés de la National Gallery sont en grève. Bloquant l’entrée principale du musée de Londres, ils protestent, encadrés par le PCS (Public and Commercial Services), contre la privatisation des services aux visiteurs. Comme le rapporte Libération, Grabriele Finaldi, qui prendra la tête du musée le 17 août prochain, avait en effet annoncé fin juin la signature d’un contrat de cinq ans avec l’agence Securitas, spécialisée dans la sécurité privée.

Résultat : cette dernière devrait prendre les commandes de la National Gallery, assurant à la fois l’accueil du public et la sécurité des oeuvres exposées. Une chose que ne souhaitent surtout pas les employés du musée car, d’une part, en devant employés de Securitas, ils pourraient perdre leur poste et être externalisés et d’autre part car les agents de sécurité seront totalement étrangés au monde de l’art.

Pourtant, de son côté, l’agence Securitas affirmerait qu’aucun poste ne serait menacé. Mais Mark Serwotka, leader du syndicat PCS souhaiterait continuer la lutte, estimant que la privatisation des services de la National Gallery pourrait « nuire à sa réputation mondiale ». Ainsi, soutenu Jeremy Corbyn, candidat de gauche à la tête du parti travailliste, les employés du musée dénoncent non seulement « l’intransigeance » de la direction du musée mais appellent aussi à revenir sur le plan de la privatisation, souligne le journal Le Soir.

« En marge de la privatisation, les travailleurs craindraient surtout la démystification de l’institution » ajoute Libération. Interrogé par The Guardian, un manifestant aurait expliqué : « Le public pourrait se retrouver avec un personnel habitué à garder des immeubles vides qui n’y connaît rien sur les peintures exposées ». « Si certains ont gardé Van Gogh pendant des décennies et guidé les visiteurs à travers des salles remplies par des merveilles de la Renaissance, ils pourraient aujourd’hui se retrouver à garder des aéroports » se serait indignée la journaliste Polly Toynbee dans les colonnes du journal.

Au mois de février et en avril dernier, les employés de la National Gallery – environ 300 personnes – avaient déjà fait grève pour dénoncer les dysfonctionnements au sein de l’institution. De nouveau en grève pour des revendications liées aux questions de la privatisation des services, la National Gallery de Londres connaît une saison touristique houleuse. Bien qu’ouverte durant la grève, certaines salles sont tout de même fermées au public et un grand nombre d’ateliers éducatifs sont annulés. Dès sa prise de fonction, Gabriele Finaldi aura donc comme objectif premier de renouer le dialogue avec ses employés.

Ouverte d’ordinaire 361 jours par an sur Trafalgar Square, la National Gallery expose une vaste collection de peintures allant du XIIIe au XIXe siècle et accueille plus de six millions de visiteurs par an.

Visuel : © Flick Creative Commons

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Elodie Schwartz

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