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Leonard Cohen est mort

Leonard Cohen est mort

11 novembre 2016 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’immense folk singer à la voix grave l’avait prévu. Il le disait, en hébreu, dans You Want It Darker son album paru le 21 octobre « Dieu, me voici ». Le poète canadien s’est éteint à l’âge de 82 ans, il rejoint ainsi sa Marianne, disparue elle aussi cette année.

« Marianne, le temps où nous sommes si vieux et où nos corps s’effondrent est venu, et je pense que je vais te suivre très bientôt. Sache que je suis si près derrière toi que si tu tends la main, je pense que tu pourras atteindre la mienne. Tu sais que je t’ai toujours aimée pour ta beauté et ta sagesse, je n’ai pas besoin d’en dire plus à ce sujet car tu sais déjà tout cela. Maintenant, je veux seulement te souhaiter un très bon voyage. Adieu, ma vieille amie. Mon amour éternel, nous nous reverrons » (Leonard Cohen à Marianne Ihlen, juillet 2016)

Donc, l’auteur et l’interprète de « Bird on the wire, « So Long Marianne », «I’m your man », « Dance me to the end of love », « Everybody knows »,  « Suzanne », « The Parisan »…. ne chantera plus. C’est insoutenable.

En 2006, alors qu’il avait quitté la scène, sa manageuse était partie avec la caisse, il avait dû reprendre le micro, refaire des concerts. En 2013, à Bercy il avait repris alors tous les monuments de sa carrière qui n’a jamais cessé d’évoluer.

En 1967, les Songs of Leonard Cohen permettent de découvrir une voix ancrée dans la tradition folk. Puis au fur et à mesure, il va se mouler dans les influences de son époque sans jamais perdre ses lignes graves. L’album qui fait rupture est  I’m Your Man où les synthétiseurs font leur entrée (1988). Chaque opus de Cohen est un chef d’oeuvre. Mais ces derniers mois, il était revenu à la pureté des origines.

Avec cohen les identités se mêlaient : juive, bouddhiste, canadienne, américaine, amoureuse, mélancolique… Les différents visages du poète avait fait de ses textes des actes religieux pour les âmes laïques.

Le monde de la culture est en berne  face à la disparition de celui dont les chansons ont été tant reprises. En 2014, le chorégraphe et danseur Pere Faura incarnait en boucle « Dance me to  the end of love ». Mais,  les réactions à cette perte dépassent la communauté musicale :

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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