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L’écrivain Yasmina Khadra se présente à la présidentielle de 2014 en Algérie

L’écrivain Yasmina Khadra se présente à la présidentielle de 2014 en Algérie

06 novembre 2013 | PAR Pauline Benoist

 

Peu connu pour son engagement politique, Mohammed Moulessehoul (Yasmina Khadra) souhaiterait succéder à Abdelaziz Bouteflika. « C’est officiel, je suis candidat à la présidentielle de 2014 », a-t-il déclaré samedi. Après la Littérature il opte pour la Politique.

Yasmina Khadra est né dans le Sahara Algérien. Il est le lauréat de plusieurs prix internationaux pour ses nombreux romans et dirige actuellement le Centre culturel algérien (CCA) à Paris. La république Française l’a fait chevalier de la légion d’honneur. Cette plume à succès (Les Hirondelles de Kaboul), spécialiste de romans sur fond de terrorisme et dont le livre L’attentat a été adapté par le réalisateur Ziad Doueiri en 2005 veut désormais « aider le pays à changer et à trouver un nouveau souffle .» Ce qui est, selon lui, une mission plus grande que la littérature. Yasmina et Khadra sont les deux prénoms de son épouse et dans un pays très conservateur, porter un nom de femme est exceptionnel. Ce nom de plume illustre un engagement indéfectible pour l’émancipation de la femme musulmane. Il dit à ce propos : « Le malheur déploie sa patrie là où la femme est bafouée» actuellement menacée et humiliée.

Son programme semble inscrit au cœur de ses livres, et si Yasmina Khadra agit comme il écrit, il est probable qu’il souhaite reformer l’économie et la justice de l’Algérie, altérées par les ordres des politiques, qu’il axe son programme sur des lois qui protègent l’enfance, la vieillesse et les personnes handicapées. Par ailleurs, il semblerait que sa candidature soit attendue par une partie la jeunesse Algérienne qui se sent « oppressée et opprimée par un pouvoir déconnecté de la réalité » (voir sur Agora Vox l’article « Algérie : Bouteflika, ce malade qui nous gouverne »).

L’engagement que l’auteur laisse transparaître à travers les lignes de ses romans est foncièrement opposé au point de vue de l’électorat conservateur et traditionaliste Islamique fidèle à Bouteflika depuis plus de 10 ans. Avant d’être un homme de lettre, celui qui est désormais entré en politique se présente comme « inquiet pour son pays ». Khadra se définit comme un homme honnête, qui souhaite agir dans l’intérêt du peuple et qui « exclut tout parrainage politique » s’il accède au pouvoir.

Avant les élections, il lui faut d’abord obtenir 60.000 signatures d’électeurs, ces signatures doivent être recueillies à travers au moins 25 wilayas (préfectures), et 1 500 signatures sont exigées, au minimum, dans chacune des préfectures. C’est pourquoi Khadra n’a pas encore dévoilé son programme qui viendra dit-il quand il aura l’impression qu’« il sera bien accueilli » par le peuple algérien, mais si ce n’est pas le cas « il n’ira pas contre la volonté du peuple ». L’outsider de la présidentielle qui défie les codes habituels du chef d’état Algérien est pourtant bien dans le jeu lorsqu’il dit dans une interview accordée à France 24, « j’ai attendu avec beaucoup de patience qu’un Algérien honnête, crédible se présente. Mais ce n’est jamais arrivé, alors j’ai décidé d’y aller moi-même ».

L’écrivain réussira t-il à détrôner le nationaliste Bouteflika, qui détient le record de longévité en tant que président Algérien, au pouvoir depuis 1999 ?

Pauline Benoist

visuel (c) capture d’écran d’un entretien vidéo sur l’Algérie sur le site officiel de l’écrivain.

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Pauline Benoist

4 thoughts on “L’écrivain Yasmina Khadra se présente à la présidentielle de 2014 en Algérie”

Commentaire(s)

  • Madher

    Primo : Le président Bouteflika a clairement dit, il y a plus d ‘un an à Setif, qu’il ne se représentera pas.
    Deuxio : Yasmina Khadra ferait mieux de continuer d’écrire des romans. Pour la politique, il faut un autre gabarit. Il n’est pas de taille.

    novembre 6, 2013 at 1 h 16 min
  • Madher

    Record de longévité au pouvoir !? : Il y a eu plus de présidents et de gouvernements en Algérie depuis 1962 qu’en France. Deuxio, il est au pouvoir autant que l’a été Mitterrand. Quand à sa maladie, Mitterand et Pompidou étaient malade également et cela ne les a pas empêché d’assumer leur fonction. Alors qu’on arrête avec ces histoires traduisant l’esprit colonial de l’indigénat!!!

    novembre 6, 2013 at 1 h 49 min
  • François

    Madher,

    Amar Saadani a bien confirmé la semaine dernière que Bouteflika sera le candidat du FLN en 2014…pourtant le Bouteflika il est très diminué depuis 2005 !!! Aucun président n’est resté plus de 14 ans au pouvoir en Algérie.

    novembre 6, 2013 at 21 h 49 min
  • Spartacus

    Pour répondre à Madher sur le deuxio; en Algérie on mettrait un âne : il fera mieu.
    Um peuple miséreux dans un pays riche, voila le bilan de nos stratège politique.
    Il faut réformer en profondeur l’Algérie; ceux qui gouverne aujourd’hui l’Algérie sont incompétant.
    Monsieur Madher; pour avoir lu Khadra je peux te dire qu’il a plus d’intelligence que tous nos politiques réunies.
    Quant’à l’homme il est exceptionnel.
    In cha ellah mohamed M. président.

    novembre 11, 2013 at 0 h 52 min

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