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Le père du concombre masqué, Nikita Mandryka, est mort

Le père du concombre masqué, Nikita Mandryka, est mort

16 juin 2021 | PAR Léna Saint Jalmes

Le bédéiste Nikita Mandryka est mort dimanche 13 juin, à l’âge de 80 ans. Il fut l’un des créateurs du magazine « L’Echo des savanes ».

Nikita Mandryka, auteur de bande-dessinées et créateur du célèbre personnage du Concombre masqué, est mort le 13 juin à 80 ans. Il s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi chez lui à Genève, a indiqué à l’AFP son éditeur Alain Beaulet. Collaborateur pour Vaillant et Pilote, puis cofondateur de l’Echo des savanes, le dessinateur cultivait le non-sens et la poésie. Ce pilier des éditions Dargaud avait reçu le Grand Prix de la ville d’Angoulême en 1994 et le Prix du patrimoine du Festival d’Angoulême en 2005 pour son célèbre cucurbitacée, un brin philosophe.

Du ciné à la BD, Bretzel liquide !*

Petit-fils d’un officier supérieur de la Marine russe chassé en Afrique du Nord par la Révolution de 1917, Nikita Mandryka est né en Tunisie en 1940. Il grandi ensuite au Maroc puis à Lons-le-Saunier. La découverte, enfant, de Spirou à fait basculer son destin ! Mais il étudiera d’abord le cinéma avant de travailler en bande-dessinée. « Avec un papier, un crayon, et un pinceau, on fait soi-même son cinéma », disait-il, cité par les éditions Dargaud.

Il débute la BD sous le nom de Kalkus et donne naissance au Concombre masqué en 1967 dans le magazine Vaillant. Ce personnage vert habite dans un désert et s’abrutie devant l’écran de sa « télédérision ». Ce n’est que dans les années 1990 que le Concombre masqué revient en album chez Dupuis. Et quelques années plus tard, en 1998, Nikita Mandryka devient l’un des pionniers de la BD sur internet en publiant des planches sur son site.

De nombreux hommages, Bicarbonate de soude !*

Dargaud a rendu hommage à « un humour aussi décalé que décoiffant, un sens aigu de la dérision et de l’absurde, un langage réinventé, un délire contrôlé, un graphisme percutant, le tout parsemé de quelques réflexions philosophiques ». Le journaliste Jean-Pierre Dionnet, quant à lui, dit à France Info qu' »on ne va pas dire que c’est de la bande dessinée vegan, ce serait un peu exagéré, mais c’est quand même quelqu’un qui a décidé que ses héros seraient des légumes. C’est-à-dire que le héros principal est un concombre masqué comme Zorro et son meilleur ami est un chou-rave. Ses pires ennemis s’appellent les trompe-la-mort et ressemblent à Donald Trump. »

Nikita Mandryka restera dans l’histoire du neuvième art, comme l’un des cocréateurs de L’Echo des savanes, accélérateur de l’émancipation de la bande dessinée pour le lectorat adulte.

*expressions utilisées par le concombre masqué
Visuel : couverture de l’album Le concombre masqué, l’intégrale des années Pilote

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Léna Saint Jalmes

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