Actu
Le dernier souffle d’Anna Halprin

Le dernier souffle d’Anna Halprin

25 mai 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Anna Halprin est morte il y a quelques heures, a annoncé sa fille Daria sur Facebook. Sa bienveillance manque déjà cruellement à la danse.

« La vie est mouvement »

Elle est née en 1920 dans l’Illinois, issue d’une famille juive ayant fui à temps les pogroms de Russie. Et, le grand public connaît d’Anna Halprin son aspect gourou car elle a créé la « planetary dance », qui est un rituel de danse contemporaine pour soigner et régénérer des communautés de personnes. Chaque année, à travers le monde, des danseurs, amateurs et professionnels se réunissent pour danser ensemble. Ce qui est fascinant ici, ce n’est pas l’aspect baba cool de la proposition mais bien la notion d’art thérapie qu’elle a créée, et qui lui survivra. Cette danse qui lui a permis de dépasser ses cancers en 1972 et 1975, et transmettant cette foi là aux malades du SIDA ensuite.

Apprendre et transmettre

Elle fut élève d’Isadora Ducan, elle enseigna à Merce Cunnigham. Toute sa vie elle a pensé ses créations sur « la plateforme », ce studio de danse en plein air que son mari, l’architecte paysagiste Lawrence Halprin, malheureusement aujourd’hui décédé lui a fabriqué au cœur de leur jardin californien. Les plus grands, tel Trisha Brown en ont foulé le bois. Et c’est elle qui a remis Alain Buffard en danse, en lui faisant accepter ce que la maladie fait au corps et à l’esprit, pour la dépasser.

Les créations d’Anna Halprin ont eu un impact énorme sur des générations de chorégraphes. Au cœur des années 1960 elle performe avec John Graham et AA Leith, par exemple, dans des grands filets, très spectaculaire. Elle proposera en 1965, Parades and Changes où des danseurs fixes se déshabillent dans un geste qui pourrait être celui d’Alain Platel aujourd’hui. Elle travaille aussi les enchâssements de corps que l’on retrouve chez Boris Charmatz ou Olivier Dubois.

En 2010, Ruedi Gerber lui consacre un documentaire, Le souffle de la danse, qu’il est facile de trouver en VOD.  Nous ne pouvons que vous conseiller de regarder ce film sur la pionnière des danses modernes et post-modernes américaines. 



Visuel : affiche du documentaire Anna Halprin, Le souffle de la danse

« Si le vent tombe » sublime les montagnes du Haut-Karabagh
« Douve » de Victor Guilbert : un roman à tiroirs
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture