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Le brillant chorégraphe Dorine Mokha est décédé à 31 ans

Le brillant chorégraphe Dorine Mokha est décédé à 31 ans

14 janvier 2021 | PAR Manon Bonnenfant

Après le décès tragique d’Ousmane Sy, c’est un autre danseur tout aussi talentueux qui vient de nous quitter. Le chorégraphe congolais Dorine Mokha s’est éteint à l’âge de 31 ans, terrassé par le paludisme. Retour sur celui qui incarna une figure emblématique de la scène africaine contemporaine. 

Un danseur hors pair

Dorine Mokha a commencé à danser dès sa plus tendre enfance, d’abord en famille, puis il décida d’entamer des études de danse en rejoignant les Studios Kabako (aux chorégraphes renommés). Un choix qui s’avéra être le bon puisqu’il a par la suite donné bon nombre de représentations au sein d’évènements prestigieux. La triennale Danse l’Afrique de l’Institut Française en 2016, Studio Residencies de la fondation Pro Helvetia trois ans plus tard… Mais c’est à la biennale de Berlin – en janvier 2020 – que son talent atteint son apogée : il y présentera sa performance trilogique Entre Deux, intime, et qui se voulait alors être un témoignage du mal-être de la communauté LGBT dans son pays natal. Une trilogie découpée selon les passages clés de sa propre vie, et dont sa réalisation lui fut même salvatrice. 

Mais aussi un artiste engagé

Dorine Mokha était aussi et surtout reconnu pour son formidable travail engagé. Tout d’abord, son combat au sein du mouvement LGBT, une communauté encore très mal acceptée en République Démocratique du Congo et dont il fut lui-même victime de son violent rejet. Entre Deux avait justement pour but solidaire de créer un ou plusieurs espaces de dialogue, de sorte à ce que chacun et chacune puisse s’exprimer sur les moqueries, menaces ou violences confrontées. Son militantisme brillait également de par la direction de l’association ART’gument Project, un collectif se voulant « promouvoir la prise de parole grâce à des actions sociales, culturelles et artistiques. » Un engagement qui lui fut récompensé l’an dernier par Barack Obama, avec le prix du « Young African Leaders Initiative Network. » 

Dorine Mokha manquera incontestablement au monde artistique congolais, mais une chose ne meurt et ne mourra jamais : les pistes de son engagement social, grâce à ce moyen d’expression libérateur qu’est la danse. Un engagement qu’il effectuait au péril de sa vie, et pour lequel il ne cessera d’être vain.

Visuel : © CTM Festival – Berlin (janvier 2020)

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Manon Bonnenfant

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