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La rue Dénoyez en danger

La rue Dénoyez en danger

20 octobre 2014 | PAR Fanny Bernardon

Station Belleville, au coeur du bouillonnant 20ème arrondissement, la rue Dénoyez est en guerre. Cette petite artère dédiée depuis des années aux artistes et au street art fait toujours le plaisir des curieux qui s’y promènent. Aujourd’hui la mairie menace d’expulsion les associations qui s’y regroupent. 

Il y a de cela quelques mois, s’engageait un  bras de fer entre la rue Dénoyez et la mairie. Celle-ci a en effet de grands projets pour cette petite artère pittoresque à l’identité artistiquement marquée. 18 logements sociaux et installations d’une crèche avec une capacité d’accueil de 50 enfants; voilà par quoi les locaux des artistes et les associations Traces, La maison de la plage et Friches nous la paix prévoient d’être remplacés. En somme, un tiers de la rue devrait voir sa structure et ses occupants changer.

Face à cette initiative, Dénoyez s’élève. Non pas que les artistes s’opposent à la construction de crèches ou de logements sociaux, néanmoins, mais la résistance s’interroge : pourquoi ici ?

La rue Dénoyez est un temple de l’art urbain depuis des années. Pavée, verte, taguée, colorée, ce petit morceau de Paris est un passage obligatoire pour les amoureux de l’incongru et les passionnés de curiosités ! Loin du dessin haussmannien de la capitale, la rue est le refuge des street artistes et des associations qui les représentent. Cédric Bordery, membre de Fais ta rue, regrette ce projet car Dénoyez est le spectacle permanent des « communautés qui se mélangent » et des artistes « qui créent du lien social ».

Les associations qui siègent dans la rue depuis des années sont tributaires des décisions municipales dans la mesure où elles n’ont signé que des baux précaires : les loyers s’élèvent pour elles à 200 euros.

L’adjointe au maire, responsable de l’urbanisme, Hélène Vicq semble quelque peu lassée des réclamations de la rue Dénoyez. Elle déclare à StreetPress que la mairie n’a pas d’autres choix de lieux pour l’application du projet et promet que le street art, vecteur identitaire de la rue, sera toujours permis : « On leur laissera des murs où graffer. »

Une offre qui n’a pas l’air de convenir à tous les artistes qui se croisent ici et qui organisent une opposition ferme et déterminée face au projet de la mairie. Une pétition lancée à la mi-septembre, « Sauvons la rue Dénoyez » totalise actuellement plus de 1000 signature et profite de plus de 2600 soutiens.

Visuel à la Une et visuels : @Captures d’écran

 

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Fanny Bernardon

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