Actu
La révolte des élus pour la culture se poursuit

La révolte des élus pour la culture se poursuit

17 février 2021 | PAR Lise Ripoche

Alors que le monde de la culture est à l’arrêt et que le Ministère de la Culture se refuse à donner des informations claires concernant la possible réouverture de ses lieux, de part et d’autre de la France et du spectre politique, les élus font sécession. Qu’ils s’agissent de promesses, de plans d’avenir ou de prises de décisions, ceux-ci se font le relais des voix protestataires issues du monde culturel qui peinent à se faire entendre. 

 

Que peuvent les élus ? 

Suite à la décision de justice de suspendre la décision du maire de Perpignan Louis Aliot (Rassemblement National) qui avait permis la réouverture temporaire de quatre musées, Toute la Culture a décidé de se pencher sur les formes de révolte des élus locaux contre la politique gouvernementale. Au-delà de la situation des lieux culturels, ce qui se rejoue de manière sous-jacente sont les rapports entre les pouvoirs régionaux et municipaux et le pouvoir étatique. Que peuvent les élus ? Penser à l’échelle locale peut-il permettre un réveil progressif du monde culturel ? 

 

Réfléchir « sur mesure » ?

C’est en tout cas ce que pense la maire de Beauvais, Caroline Cayeux, qui demande la mise en place de « zones expérimentales ». Dans une lettre adressée à la Ministre de la Culture, Caroline Cayeux a proposé sa propre ville comme zone pilote de ce plan de déconfinement progressif qu’elle enjoint à Roselyne Bachelot d’adopter. Il s’agirait de réfléchir « sur mesure », et ainsi privilégier le « circuit-court » décisionnaire, en mobilisant les échanges entre les élus municipaux et les élus régionaux par exemple. Une telle entente au niveau locale permettrait de penser les possible au cas par cas, et non plus de confondre comme un vaste ensemble devant pâtir ensemble tout le monde de la culture. Car les lieux de sont pas égaux en termes de capacité d’accueil dans le respect des règles de sécurité sanitaire, il s’agirait de formuler des protocoles différents pour chaque établissement. 

 

Faire un pacte ?

« Nous voulons rouvrir quoiqu’il advienne » assure Renaud Muselier, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le 11 février dernier, à l’occasion d’une rencontre avec des acteurs du monde culturel, Renaud Muselier a présenté un « Pacte d’effervescence culturelle ». Ce « pacte » prévoit autant des mesures concrètes que des mesures symboliques. Côté financier d’abord, il présente l’augmentation du budget de la culture,  mesure bienvenue en cette période d’austérité, mais aussi la mise à disposition de billets gratuits pour permettre aux famille notamment de « se retrouver autour de la culture ». Aussi, ce soutien financier sera-t-il accompagné d’une valorisation du travail des acteurs du secteur culturel, « pour montrer que la culture reste vivante en région sud ». Néanmoins, comme le rappelle Libération, en même temps que ce « Pacte d’effervescence culturelle » Renaud Muselier a annoncé la réouverture des lieux culturels en juillet, sans en avoir le pouvoir. 

 

Dès lors, ces récents exemples montrent bien que malgré la volonté des élus locaux de porter des projets d’avenir, ceux-ci se réduisent parfois à de simples promesses qu’il leur sera impossible de tenir sans l’accord du Ministère de la Culture. En effet, le Ministère de la Culture ne semble pas vouloir permettre de décentralisation, et se contente pour l’instant de sanctionner ceux qui outrepassent les pouvoirs accordés à leurs fonctions. 

 

 

crédit visuel: L Larralde / TLC

 

 

 

 

Un nouveau directeur de la création artistique au Ministère de la Culture
Arnaud Aubert réussit son biopic sur Simone Veil
Lise Ripoche

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture