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La photographe Sabine Weiss s’éteint à 97 ans

La photographe Sabine Weiss s’éteint à 97 ans

29 décembre 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La dernière représentante de l’école humaniste à laquelle appartenait Robert Doisneau est morte aujourd’hui à 97 ans. Elle laisse derrière elle toute l’histoire des rues du XXe siècle.

Sabine Weiss (Weber de son nom de jeune fille) naît à Saint-Gingolph en Suisse, le 23 juillet 1924 et meurt donc à presque 100 ans  en ayant photographié toute sa vie. Elle a 12 ans quand elle touche un appareil pour la première fois.

Comme le rappelait alors la présentation de l’exposition Sabine Weiss, Les villes, la rue, l’autre au Centre Pompidou en 2018, elle a été rapidement très reconnue : « Durant la guerre, elle est apprentie au studio Boissonnas, à Genève, et décide de s’installer à Paris après la capitulation. Elle travaille quelques années avec Willy Maywald qui l’introduit dans le milieu de la mode et de la haute société parisienne. Peu après, elle devient photographe indépendante et publie abondamment dans la presse illustrée : Paris MatchThe New York TimesLifePicture PostDie Woche. Elle travaille également pour l’édition française de Vogue tout au long des années 1950 et réalise des reportages à l’étranger et des publicités pour de grandes agences de communication. »

Sur France Culture, au micro de Xavier Mauduit en septembre dernier elle déclarait : « Je me suis intéressée aux clochards (…) ». Et c’est cela aujourd’hui que le monde de la photographie met en avant. Dans ses travaux personnels, elle photographie des enfants jouant dans les terrains vagues Porte de Vanves, les chevaux qui y passent encore, les mômes de l’après-guerre. Elle capte ainsi un monde qui est déjà en train d’être englouti, suspendu, sensible. Dans les photos de Sabine Weiss, il y a du mouvement, ça danse, ça court. Son regard est doux, il est souvent drôle, espiègle. 

Son fonds d’archives, composé de 200 000 négatifs, 7 000 planches contact, 2 700 vintage, 2 000 tirages modernes et 2 000 diapositives, est déposé au Musée de l’Elysée à Lausanne.

Visuel : ©Catalogue de l’exposition Sabine Weiss au Centre Pompidou (2018)

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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