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La grande pagode du Bois de Vincennes sur la voie de la renaissance

La grande pagode du Bois de Vincennes sur la voie de la renaissance

11 septembre 2014 | PAR Sandra Bernard

 Les bois entourant la capitale recèlent bien des trésors, aussi atypiques que méconnus. Tels le très confidentiel jardin d’agronomie tropicale ou encore le bois de Vincennes, contenant tous deux des bâtiments historiques et exotiques. C’est le cas de la grande pagode du bois de Vincennes. Construit dans les années 1930 et ayant connu plusieurs vocations, le bâtiment souffre aujourd’hui de quelques fragilités expliquant l’engagement d’une série de grands travaux initiés par la ville de Paris, propriétaire des lieux.

La_Pagode_de_Vincennes

Construite par les architectes Louis-hyppolite Boileau et Léon Carrière près du lac Daumesnil pour l’exposition coloniale de 1931, avec plusieurs autres bâtiments, la construction de bois, haute de plus de 28 mètres, mêlait techniques de constructions occidentales modernes et techniques traditionnelles d’Afrique centrale : toit en chaume légèrement bombé soutenu par une imposante charpente en bois, soubassement de tiges de feuilles de palmier raphia, façades en crépi de terre enduit de larges dessins géométriques aux couleurs noir, bleu et blanc. En effet, la « pagode » actuelle était à l’origine le pavillon du Cameroun.

Cette architecture éphémère (tout comme la tour Eiffel en 1889 et le Grand Palais en 1900) a été conservée afin d’accueillir le musée des industries du bois en 1933. Une première phase de consolidation a été entreprise, ainsi que les premiers travaux : couverture du toit avec différentes essences de bois etc.

 1975, rebondissement !! Le bâtiment est protégé au titre des Monuments historiques et change de vocation. Dès l’année suivante, l’Union Bouddhiste de France (composée de diverses obédiences des écoles bouddhiques) signe une convention d’occupation et investit les lieux. De nouvelles modifications sont apportées au bâti : suppression des peintures colorées de la façade et construction d’un portique de style shintoïste devant l’entrée principale du bâtiment. Elle abrite le plus grand Bouddha d’Europe, recouvert de feuilles d’or, qui mesure, avec son socle, plus de 9 mètres de haut. En 1977 s’installe également l’Institut international bouddhique fondé par Jean Sainteny.

Depuis 2009, la pagode est devenue mondialement célèbre avec la translation de reliques du Bouddha (visibles sous la statue principale) offertes par la Thaïlande à la France, et attire chaque année des milliers de visiteurs et de pratiquants lors des fêtes bouddhiques organisées notamment à l’occasion de la naissance du Bouddha, de son éveil et de sa mort.

Les futurs travaux décidés par la Ville de Paris (propriétaire des lieux) visent à consolider l’édifice, dont certains matériaux se sont détériorés avec le temps et à accorder une meilleure visibilité aux différentes strates architecturales du lieu, afin d’en préserver l’histoire.

La restauration du pavillon du Togo, tout proche de la grande pagode, est également prévue par la Ville de Paris. Il renfermera une bibliothèque où seront réunis les textes sur les diverses traditions bouddhiques.

Non loin, toujours dans l’enceinte de la pagode de Vincennes, se trouve le temple bouddhiste tibétain de Kagyu-Dzong, construit entre 1983 et 1985, suite à la rencontre en 1980 de Kalou Rinpoché et de Jean Ober, secrétaire général de l’Institut International Bouddhique

A l’entrée du site, une statue de l’artiste japonais Torao Yazaki représente un groupe de pèlerins zen, les « pèlerins des nuages et de l’eau » (Unsui Gunzo), offerte au début des années 70 par le temple japonais Sojiji de Yokohama, en soutien à l’Institut International Bouddhique.

Notons que la ville de Paris a également initié des travaux de préservation des pavillons du jardin d’agronomie tropicale.

Informations pratiques :

Grande Pagode : Route de la Ceinture du Lac Daumesnil – 75012 Paris Métro : Porte Dorée ou Liberté – ligne 8

Visuel : La Pagode de Vincennes CC BY-SA 3.0, wikipedia

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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