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Jean-Luc Mélenchon s’en prend au Monde et à Libération

Jean-Luc Mélenchon s’en prend au Monde et à Libération

09 mai 2014 | PAR Alexander Mora-Mir

Le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon ne perd pas son souffle quand il s’agit de s’attaquer aux journalistes. L’ancien journaliste interdit tout rapport avec des journalistes du Monde et de Libération, et appelle même à leur surveillance. Après insultes, il veut de toute évidence les empêcher de faire leur métier.

Jean-Luc Mélenchon, connu pour son franc parler invite ses amis, militants et sympathisants à « surveiller » les agissements des journalistes. Le Monde et Libération particulièrement sont dans le collimateur du dirigeant du Front de Gauche, qualifiés « d’ennemis ». Il veut carrément les blacklister de ses meetings.

« Inutile d’épiloguer, ils se comportent en ennemis. Aucun des « journalistes » de ces deux quotidiens ne sont bienvenus dans mes meetings et déplacements tant qu’ils travaillent pour ces quotidiens ! D’ailleurs, j’appelle mes amis à les surveiller de façon étroite et vigilante, à filmer leurs agissements, si possible, dès qu’ils les repèrent, qu’ils agissent à découvert ou qu’ils se cachent sous des faux noms » cite le Figaro.

A l’origine de cette nouvelle « chasse aux sorcières », Jean-Luc Mélenchon raconte une anecdote à propos d’un journaliste du Monde, quotidien régulièrement dans sa ligne de mire et qu’il accuse de faire régulièrement le jeu du Front National : « Je n’ai, à titre personnel, aucune envie de voir dans ma campagne le journal des publireportages sur les Le Pen ni les éditoriaux dessinés grossièrement anti-syndicalistes du pitoyable Plantu. Qu’il reste à la maison ! Car s’il venait, ce serait pour jeter du venin, exciter les divisions ou se livrer à des provocations. C’est déjà ce qui a été fait contre mon camarade Gabriel Amard dans la circonscription du Grand Est. Ce coup-là, le drôle de la situation, c’est que le « journaliste » du glorieux « Le Monde » s’est présenté comme étant celui de « Libération » ».

En réponse à cette diatribe du leader du Front de Gauche, le quotidien Le Monde, en pleine crise interne, a condamné ce lundi, ses propos de « mensongers, insultants et diffamants ».

« Le Monde avait refusé par écrit les trois conditions que j’avais posées pour accepter un entretien dans ses colonnes : un titre en rapport avec l’essentiel de l’échange, au moins la moitié des questions sur ma critique de la droite, et une photo respectueuse de ma dignité. Que la direction du Monde ait refusé ce compromis honorable suffit à situer son arrogance », d’après Jean-Luc Mélenchon.
Il affirme même qu’un journaliste du Monde s’est fait passer pour un confrère de Libération en couvrant l’actualité du parti d’extrême gauche.

Le quotidien dément à nouveau cette information : « Un nouveau palier a été franchi », estime Nathalie Nougayrède, la directrice du Monde. « Les propos de M. Mélenchon visant notre journal sont, cette fois encore, mensongers, insultants et diffamants. Cette basse manœuvre ne sert qu’un objectif : empêcher nos équipes de faire leur travail de journaliste.
La direction du Monde condamne ces attaques avec la plus grande fermeté », ajoute-t-elle.

Du côté de Libération, aussi dans le viseur du chef du Front de Gauche, Matthieu Ecoiffier, rédacteur en chef adjoint du service politique, interrogé par l’AFP, a affirmé que son journal déplore les propos de Jean-Luc Mélenchon. « Cette volonté de Jean-Luc Mélenchon d’entraver le travail des journalistes de Libération est inacceptable et ne nous empêchera pas de continuer à suivre l’actualité et les réunions publiques du Front de gauche. Nous connaissons trop bien la stratégie de victimisation de Jean-Luc Mélenchon pour l’alimenter en aucune façon ».

Le Petit journal de Canal + a lui aussi été cible d’attaque par cet ancien journaliste, lors de la campagne présidentielle de mai 2012.

En mai 2012, l’Express a aussi eu affaire au député européen : « Qu’est-ce que vous faites encore là, sale petit espion ? Ça fait trois jours que vous m’espionnez, rentrez à Paris, écrire vos saloperies dans votre journal fasciste. Fichez-moi le camp, dégagez ! » avait-il lancé à un journaliste de l’hebdomadaire en question.

Une aigreur, voire une haine profonde des journalistes, visiblement déçu de son ancienne profession aux Dépêches du Jura. « Vos trucs pourris de journalistes, je les ai faits moi-même » écrivent Lilian Alemagna et Stéphane Alliès, dans Mélenchon le Plébeien, biographie de l’homme politique.

Un rapport conflictuel avec les journalistes qui semble prémédité, puisque dans sa « stratégie globale », « le rapport aux moyens de communication est tout à fait essentiel », il appelle ça « la stratégie de la conflictualité » confie-t-il au Huffington Post.
Jean-Luc Mélenchon s’attaque aux journalistes pour politiser les gens espère-t-il : « À chaque fois que tu provoques du débat, tu as gagné ! C’est vraiment après l’affaire du soi-disant « petit journaliste », que j’ai compris à quel point les attaques contre les médias pouvaient servir mon combat ».

Servir son combat en bridant la presse, n’est vraisemblablement pas la carte à jouer pour espérer un jour atteindre la Présidence d’une République libre.

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Alexander Mora-Mir

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