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Jean Jaurès, un symbole pour tous

Jean Jaurès, un symbole pour tous

31 juillet 2014 | PAR Alexander Mora-Mir

Il y a cent ans, Jean Jaurès, figure emblématique de la gauche, mourait, assassiné par un jeune nationaliste dérangé au Café du Croissant à Paris. Leader socialiste, héros républicain, chaque parti politique actuel cherche à s’approprier l’héritage d’un homme. Un héritage intellectuel.

 

« Jaurès, l’homme du socialisme, est aujourd’hui l’homme de toute la France, on se l’arrache, on se le dispute », déclarait à Carmaux le président de la République en avril dernier. Jaurès était en effet un homme brillant, le plus jeune député de France, agrégé de philosophie, grand pacifiste et véritable emblème unissant toute classe sociale.

Chaque parti actuel s’accapare la pensée de celui qui a créé le journal l’Humanité. Pour Jean-Luc Mélenchon, il « est le contraire de François Hollande ».
« Jaurès, c’est pas Hollande. Ce n’est pas le baratin fumeux pour dire des mots qui veulent dire le contraire de ce qu’ils veulent dire et à la fin être pris par personne », a lancé le coprésident du Parti de gauche sur RTL. Il ajoute : « C’est le contraire de Hollande, c’est une intelligence engagée, tandis que François Hollande, c’est avant tout un planqué de l’esprit ».

De nombreuses réactions se poursuivent notamment avec celle de Marine le Pen sur le plateau de BFM TV : « Le PS s’est détourné de ce qu’il était et le pauvre Jean Jaurès doit se retourner dans sa tombe ». La patronne du Front National accuse le PS d’appliquer le programme de l’UMP.
Ce matin, sur Twitter, Henri Guaino, ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy déclare : « l’héritage de Jaurès appartient à tout le monde, chacun peut s’en inspirer ».

Jaurès, vu comme un héros, est utilisé dans toutes les campagnes de chacun des partis. Nicolas Dupont-Aignan théorisait le « courage républicain » pour justifier le « besoin d’une autre politique ». Marine le Pen, utilisait Jaurès pour séduire la classe populaire, les unir en son parti : « A l’heure où la crise et la mondialisation font rage, quand tout s’effondre, il y a encore l’Etat. A celui qui n’a plus rien, la patrie est son seul bien disait Jaurès en son temps, lui aussi trahi par la gauche du FMI et des beaux quartiers ! ».
Nicolas Sarkozy avait utilisé l’image de Jean Jaurès dans ses discours en 2007 et l’avait cité 32 fois. Cinq ans plus tard, plus un mot sur lui.
C’est cette image de rassemblement que les politiques veulent faire retentir.

A sa mort, à la veille de la guerre, deux camps se constituent : ceux qui mettent en avant la défense nationale et ceux qui expliquent qu’il faut se défendre, mais pas faire de la guerre un absolu, en maintenant un langage internationaliste. Les socialistes essaient de transcender ces différences mais ne peuvent éviter, à la fin de 1920, la scission, avec la création du Parti communiste.

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho contre son âme aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ». L’image de Jaurès reste très utilisée par la classe politique, soucieuse de son image, à vocation de rassembler au mieux. Une exposition au Panthéon est actuellement visible sur Jaurès. La commémoration du centenaire de sa mort est organisée au Café du Croissant, lieu de son assassinat, en présence du Président de la République, et le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel.

© visuel : Creative Comments Wikipedia / page facebook des archives nationales

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Alexander Mora-Mir

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