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Isabelle Dhordain, la voix du Pont des artistes, s’est éteinte

Isabelle Dhordain, la voix du Pont des artistes, s’est éteinte

22 février 2021 | PAR Lise Ripoche

Isabelle Dhordain est décédée ce dimanche, après s’être battue des années contre le cancer. Elle laisse derrière elle un héritage considérable, ayant consacré sa vie à créer des ponts, des passerelles, entre les artistes. 

 

Des ponts dans la tête…

Isabelle Dhordain est la fille de Roland Dhordain, créateur de l’ORTF et de France Inter, et d’Édith Lansac, comédienne et productrice à France Culture. Son enfance, comme le reste de sa vie, se raconte en chansons. « Petite, j’écoutais du jazz?; avec ma mère, la musique des Andes (mon grand-père était argentin). Quand on s’aperçoit qu’il y a des rythmes qui ne sortent pas de la chanson française, on se demande d’où ça vient, récapitulait-elle. Après j’ai écouté Bach, quand même le génie absolu. J’aimais Chopin, Barbara et je faisais déjà des ponts dans ma tête entre un Brassens et un Django Reinhardt », racontait-elle à Marianne dans une interview il y a quelques années. 

 

…aux « Ponts des artistes » 

Cette capacité de tisser des liens, de créer des associations inédites c’est ce qui la guida jusqu’à la radio, et à la création de cette émission culte « le Pont des artistes ». Pendant plus de 25 ans, Isabelle Dhordain animera cette émission tous les samedis soirs à 20h sur France Inter, y recevant plus de 3000 artistes. Elle fût la première à tendre le micro à quelques uns ayant depuis marqué le paysage musical français: de Lhasa à Sinclair, de Dominique A à Sanseverino, de Mathieu Chedid aux Têtes Raides, en passant par Vincent Delerm et les Négresses vertes, puis encore Juliette, Angélique Kidjo, Arthur H., Camille, Clarika, Sinclair. Regardant en arrière, le chemin parcouru, ses yeux brillaient de reconnaissance d’avoir pu accompagner le parcours de ces artistes qu’elle aimait tant. Aujourd’hui de nombreux artistes lui rendent hommage: « la musique perd l’une de ses ambassadrices » écrit Jocelyn Perrotin, le directeur musical de France Inter, tandis que de Benjamin Biolay salut son « enthousiasme légendaire ». 

 

Ambassadrice de la diversité

Comment construire des ponts sans que naissent de ces rencontres d’inédites singularités ? Et surtout, quel intérêt de faire des ponts entre des mondes similaires ?  « Je ne voulais pas de chapelle, pas d’enfermement, confiait-elle il y a quelques années à Marianne. Au début l’émission était basée sur la chanson française mais elle a vite emprunté à tous les styles de musique. Il y a eu ce grand mouvement des musiques du monde dans les années 80, c’était normal de m’en faire l’écho ». 

 

crédit visuel: L Larralde

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