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Interview : PACO, le réseau social culturel pour la Génération Z

Interview : PACO, le réseau social culturel pour la Génération Z

22 avril 2021 | PAR Laura Rousseau

Rencontre avec Arthur Hadade pour le lancement de la version bêta de PACO, le réseau social dédié à la culture dont les mots d’ordre sont partage, découverte, diversité et accessibilité. Arthur Hadade nous raconte la conception et la création de PACO, et ses ambitions pour le futur de l’application.

Une petite présentation pour commencer, de votre application PACO et de vous par la même occasion !

Je m’appelle Arthur Hadade, j’ai 30 ans, je suis originaire de Haute Savoie, j’ai grandi à la montagne. Je vis à Paris depuis 10 ans. J’ai cofondé PACO, dont je suis le CEO depuis cet automne. PACO c’est le réseau social dédié à la culture, désigné pour la Génération Z c’est-à-dire les 16-23/24 ans. C’est une application qui permet se connecter, d’échanger avec ses amis, autour des films et des séries que nous regardons, de la musique que nous écoutons, et des livres que nous lisons ! Il est possible de créer des post qui mélangent des images, des émojis, des notes vocales, et les partager sur son fil d’actualité et donc de découvrir de nouvelles œuvres, et se connecter avec des personnes qui partagent des goûts similaires.

Pourquoi cette idée d’un réseau social spécifiquement culturel ? Vous trouviez que cela manquait dans l’offre des applications ?

C’est venu vraiment par passion ! Je suis passionnée de cinéma, de série télévisée, de musique, je lis beaucoup même si c’est dur de se dire passionné de littérature, j’ai l’impression que c’est un univers tellement vaste que ce serait un peu être usurpateur de dire ça. Et depuis dix ans, j’ai utilisé plein d’outils pour suivre les films que je regardais, les livres que je lisais, la musique que j’écoutais, et j’ai toujours été très frustré du manque d’expériences sociales et d’interactions avec les autres sur ces plateformes.

Toutes les plateformes et les outils que j’utilisais avaient un côté un peu élitiste. J’avais l’impression qu’il fallait parler avec des termes élaborés, écrire des critiques quasi journalistiques pour donner son avis sur une œuvre et ce dont j’ai envie c’est qu’on puisse partager nos kiffs culturels de manière super simple, sans qu’il soit besoin d’écrire quinze lignes avec des mots complexes, sans qu’on puisse se sentir jugé parce qu’on va parler d’un morceau de Jul, et quelqu’un va parler d’un roman d’Alexandre Dumas. Toutes ces œuvres-là, elles ont leur place sur PACO. Il n’y a pas de jugement de valeur. C’est une safe place pour échanger au sujet de la culture.

Pourquoi particulièrement sur la Génération Z ?

J’ai l’impression que cette génération est très précurseur dans les formats de créations de contenus, c’est une génération créative qui a envie d’exprimer son unicité, son authenticité. Et je voulais leur donner un outil pour pouvoir le faire, se connecter et rapprocher les gens. Finalement, l’idée c’est que la culture, c’est la porte ouverte la plus simple pour rencontrer des personnes et créer du lien social. C’est ce qui me tient à cœur.

Comment cette idée vous est-elle venue ?

Depuis dix ans j’utilisais des outils et je n’étais pas très satisfait donc j’avais une petite graine dans la tête. J’ai monté une première start-up dans le sport qui n’avait rien à voir et dont je suis parti en 2017, et à partir de là j’ai eu envie d’exploiter cette idée. Comme j’étais seul, que je n’avais pas d’associé, et que je travaillais en free-lance pour gagner ma vie, j’ai un peu laissé le projet de côté, et je l’ai relancé l’année dernière parce que j’ai rencontré un associé top et parce que j’avais vraiment ce driver interne de faire quelque chose dans ce domaine là et que ça me passionnait.

Comment s’est déroulé le processus de création ?

Printemps 2020 je crée une première application très simple de partage au sujet du cinéma seulement où l’utilisateur remplissait son profil avec ses films préférés et où il pouvait voir le profil de ses amis avec ses films préférés. Ce n’était pas quelque chose de révolutionnaire, je l’ai fait rapidement pour voir s’il y avait une vraie demande. J’ai eu pas mal d’utilisateurs et je me suis rendue compte qu’à un moment ça plafonnait parce que nous n’allions pas assez loin dans la proposition.

A l’automne, je me dis qu’il fallait mettre un coup de pied dans la fourmilière, il faut voir plus ambitieux Je me suis dit : va là où tu as vraiment envie d’aller, parce qu’avant je me mettais des barrières. Septembre et octobre, je passe deux mois à interroger tous mes utilisateurs de mon ancienne application, et je me rends compte que c’est les personnes aux alentours de 20 ans qui adorent vraiment ça. Je me focalise sur ces utilisateurs et je passe des heures aux téléphones avec une centaine d’entre eux. En même temps, je design un prototype sur Figma je leur montre des maquettes animées. Je dessine ce produit plus ou moins avec ma cible pendant deux mois. En parallèle, je fais un site web pour recueillir des préinscriptions ce qui me permet de décrocher une subvention de la BPI et ensuite d’embaucher un développeur en free-lance qui pendant trois mois va construire un prototype donc de janvier à mars. Je vais mettre des utilisateurs sur ce prototype et j’ai des super retours. Je rencontre un nouvel associé développeur qui est une pointure, a 15 ans d’expérience et était dans une autre start-up. Il me rejoint et depuis mars nous travaillons à deux dessus, avec une équipe d’ambassadeurs qui sont des utilisateurs qui inscrivent leurs amis et m’aident sur la communication. Notre produit est toujours en évolution perpétuelle.

La conception a commencé au printemps 2020, quand nous avons été confinés pour la première fois, cela a un rapport avec le début du projet ou vos ambitions ?

Il y a eu un rapport dans ma vie professionnel, car je travaillais en free-lance, le confinement m’a permis pendant deux mois non-stop sur PACO, ce qui m’a permis de concevoir une première application et la faire voir le jour. Je ne l’ai pas fait parce que je pensais que la culture avait un plus gros impact en ces temps là même si forcément ça a aidé.

Et pour la suite ?

L’application est encore une version bêta, quels sont les projets pour la suite ?

Aujourd’hui, l’expérience centrale c’est la création de contenu au sujet des œuvres préférées des utilisateurs, qui prend la forme d’un post statique. Demain ce que nous voudrions tester c’est qu’une fois que l’utilisateur est sur son fil d’actualité et qu’il trouve un post au sujet d’une œuvre qu’il aime et qu’il a envie d’approfondir l’échange, il pourra cliquer sur un bouton et atterrir dans une room, où il pourra discuter à propos de cette œuvre avec d’autres personnes. Cette discussion peut être en live audio comme sur Club House, en live vidéo comme Google Meet ou Instagram Live, ou par écrit en tchat comme sur Discord. Nous aimerions vraiment explorer cette partie-là pour approfondir les échanges entre les gens.

Nous voudrions également approfondir les profils personnels, que les utilisateurs puissent faire du tri dans toutes les œuvres sur leurs profils dont ils ont parlé pour que leurs amis s’y retrouvent plus facilement. Nous aimerions aussi intégrer la possibilité de faire des post dynamiques, ajouter de l’animation, de la vidéo, des extraits etc. et enrichir l’aspect création de contenu.

Vous savez quand ces mises à jour seront prêtes ?

C’est un peu compliqué de savoir, puisque nous sommes dans une phase d’exploration. L’objectif ce n’est pas de développer à 100%, de mettre sur le marché et de voir ce qu’il se passe. Développer un prototype simple qui soit 20% de ce dont on imagine, le faire tester aux utilisateurs, et s’ils adorent, là on développe et on y passera plus de temps. Sur cette année, nous aimerions explorer beaucoup de choses différentes pour arriver à la rentrée avec une version un.

L’important c’est donc l’utilisateur…

Oui exactement tout ce que nous développons, nous le faisons avec notre cible, puisque nous le faisons pour eux ! J’avais fait l’erreur sur ma première start-up de m’enfermer pendant six mois, et d’imaginer une application en me disant que ça allait marcher, la sortir sur le marché, et une semaine plus tard, plus personne ne l’utilise.

Et pourquoi le nom PACO ?

C’est un mot court, en quatre lettres, international, facile à retenir donc ça marche bien. Il y a une petite histoire : PACO à la base signifiait Patrimoine Culturel Online. Raccourci en un acronyme ça donne un prénom international sympa.

L’ambition est de créer, l’équivalent d’Instagram pour la culture, et que ce réseau social devienne la plus grande communauté verticale dédiée à la culture. Ce n’est pas un projet avec une ambition locale, on veut faire quelque chose d’international et c’est pour ça que depuis le début, l’accessibilité et la popularité c’est au cœur de notre mission. Je parle souvent de culture et parfois je suis embêté parce que parfois ne serait ce que le mot culture, peut laisser sous-entendre un certain élitisme. Quand je dis que je fais un réseau social autour de la culture, ils me demandent tu parles de quoi, et je réponds de cinéma, de série, de musique de livre pour l’instant, et ils me répondent « Ce n’est pas vraiment de la culture donc » Comment ça ? Non tout ça c’est la culture. Quand aujourd’hui je parle à des gens qui ont 20 ans, la culture c’est aussi les vidéos YouTube qu’ils regardent, les articles qu’ils trouvent sur Internet, le jeu vidéo, c’est donc quelque chose de mouvant. Sur PACO le but, c’est la découverte, sans barrières.

Aujourd’hui, on se pose sans cesse la question de l’algorithme sur les réseaux sociaux. Comment marche celui de PACO, s’il y en a un ? Et comment faire pour mettre en avant une culture diverse comment vous l’ambitionnez ?

Pour l’instant, le fil d’actualité est rempli par les post de tous les utilisateurs de la plateforme, parce qu’il n’y a pas encore des millions d’utilisateurs. Dans les prochaines semaines, nous allons mettre en place un deuxième feed avec seulement les personnes que l’utilisateur suit. Pour l’instant, il n’y a pas une nécessité de créer un algorithme. A l’avenir, c’est évident que ça sera nécessaire, et que nous ferons des choix pour voir quel type de contenu nous privilégierons. Je suis en train de lire le livre #NoFilter sur l’histoire d’Instagram. La question de l’algorithme c’est très rapidement posé pour eux. Ils ont eu envie de mettre en avant des contenus beaux, des photographes, des designers des choses comme ça pour inspirer le reste de la communauté à poster des belles photos.

Nous, nous allons essayer de mettre en avant des post avec beaucoup de diversité, comme je disais que ce soit Jul ou Alexandre Dumas, qu’il y en ait pour tous les goûts et aussi les post les plus créatifs, où il y a eu un effort de design, de la créativité dans la note vocale. Il y a quelqu’un sur PACO qui poste des livres, et pendant trente secondes il s’enregistre et lit une page. Le but de notre algorithme serait d’aider ces créateurs-là, et d’inspirer tout le reste de la communauté, pas de faire du « like ».

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