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« Il était une fois », la présentation de la programmation de la 76e édition du Festival d’Avignon

« Il était une fois », la présentation de la programmation de la 76e édition du Festival d’Avignon

24 mars 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Comme le veut la tradition sous le mandat d’Olivier Py, c’est en direct de la FabricA à Avignon qu’ont été annoncées, en public et sur internet, les lignes directrices de la 76e édition du festival qui se tiendra du 7 au 26 juillet.

« Il était une fois »

C’est donc la dernière édition pensée par Olivier Py, qui aura dirigé l’institution pendant neuf ans. Tiago Rodrigues, présent lors de cette conférence de presse, lui succède en 2023. Pour la fin de sa mandature, il a pensé un festival placé sous le thème d’un début d’histoire : « Il était une fois ». À Avignon, les partenaires publics (région, département et ville) ont toutes et tous salué l’action très locale, très ancrée sur le territoire vauclusien, pendant cette décennie. Comme l’a rappelé Cécile Helle, maire de la ville, Olivier Py a eu à cœur de recentrer Avignon en son lieu, en se plaçant dans une filiation directe avec Jean Vilar. Sa mandature aura été marquée par de grands troubles, la grève de 2014, par exemple, et, bien sûr, l’annulation de l’édition 2020. C’est donc sous les chapes à la fois de la menace du retour de la pandémie et du massacre de l’Ukraine que le détail des spectacles comme caisse de résonance de nos histoires a été déroulé.

Féminisme et retour à la nature

Le festival durera 20 jours, il comptera 46 spectacles, mais également 30 lectures. En tout, si tout va bien, 270 levers de rideau auront lieu. Et parmi les lieux justement, il faut noter la réouverture de l’Opéra dont les travaux sont achevés. Olivier Py, qui sait être délicieusement lyrique, dit : « Nous sommes aussi faits de mythes, de légendes, et d’histoires. Nous avons toujours besoin des poètes pour nous raconter ce que nous sommes au moment où les fake news sont devenues des armes de guerre ». Et cela, sur le papier, semble se traduire en spectacles.

On ne peut que saluer un souci double porté aux voix féministes et écologiques, et également un retour franc de la danse contemporaine au festival, parent pauvre ces dernières années. 

Emmanuel Eggermont va présenter All over nymphéas, sa pièce basée sur les Nymphéas de Monet pour créer son propre jardin d’Éden hypnotique, et Onna Doherty diffusera sa géniale lave chorégraphique Lady magma en plein air à Villeneuve. Dada Masilo, qui avait été déprogrammée en 2020, présentera son Sacrifice en hommage à Pina Bausch. L’adoré François Chaignaud présentera, en compagnie de Geoffroy Jourdin, Tumulus, et Jan Martens atteint le Graal en entrant dans la Cour d’Honneur avec le Ballet royal de Flandres. Nous retrouverons également Ali Chahrour, Amala Dianor, Marco da Silva Feirrera et Maud le Pladec.  Une vraie place donnée à la danse, donc, avec la programmation d’artistes qui  ne cherchent pas les facilités.

Théâtre ouvert sur le monde

C’est une édition largement ouverte sur l’international qui s’annonce. Citons quelques exemples. Bien avant le début de la guerre en Ukraine, il était su que Kirill Serebrennikov ouvrirait la Cour. Le metteur en scène, longtemps assigné à résidence par le régime russe et toujours interdit de quitter le territoire, montera The Black Monk, une pièce méconnue de Tchekhov. Bashar Murkus, dont on avait adoré Le Musée, revient avec Milk, une performance organique. Autre symbole : l’affiche (même si on s’interroge sur la place des trois clés, emblème de la ville et du festival, pile placées sur le sexe de la première petite fille…) est une œuvre de l’artiste afghane Kubra Khademi. Symbole s’il en est, le festival ouvrira le 7 juillet avec En transit d’Amir Reza Koohestani et va se clore avec la poésie chantée de Kae Tempest. À noter, c’est à Miet Warlop que revient de faire le quatrième volet de l’Histoire du théâtre pensé par Milo Rau. Elle a l’idée de faire entendre la chanson Sabotage des Beastie Boys dans des contextes très différents. 

Spectacles-fleuves et rendez-vous éternels

Nous retrouverons avec plaisir et assiduité les lectures avec France Culture du musée Calvet et la programmation conjointe de la SACD et du festival, nommée en ce moment « Vive le sujet ! » où nous aurons l’occasion de voir de plus prés la révélation 2021 de la Belle scène Saint-Denis, Mellina Boubetra. Dans la série nostalgie, Christophe Rauck donnera son Richard II, la pièce avec laquelle le tout premier festival avait commencé en 1947. Et 23 ans après, La Mastication des morts revient dans le cloître du cimetière à Villeneuve, dans le lieu même de sa création. Et nostalgie encore, Olivier Py redeviendra Miss Knife en grande clôture du festival et donc de son mandat, à l’Opéra, le 26 juillet. Du côté des longues durées, et il faut le dire, il n’y a qu’à Avignon où il est possible de voir dix heures de théâtre d’affilée, c’est justement Olivier Py qui retrouvera ses premiers amours au gymnase Aubanel avec Ma jeunesse exaltée et Simon Falguière proposera les 12 heures de son Nid de cendres à la FabricA. 

Le 21 mai à 14 heures seront mises en prévente 10.000 places sur internet, et la billetterie ouvrira le 4 juin en ligne, le 7 par téléphone et le 11 juin aux guichets.

En attendant, retrouvez toute la programmation sur le site du Festival d’Avignon

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Visuel : © ABN et ©Affiche

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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