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Hommage à Alain Buffard

Hommage à Alain Buffard

09 janvier 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le chorégraphe et danseur Alain Buffard est décédé à l’orée de 2014, le samedi 21 décembre 2013 au matin, dans la maison de son enfance dans le Jura.

Il était un électron libre dont on connaissait les atomes crochus pour d’autres grandes figures de la scène chorégraphique contemporaine (Claudia Triozzi, Steven Cohen, Régine Chopinot, Rachid Ouramdane, entre autres), Alain Buffard avait créé en 2012 Baron Samedi, une relecture subversive des rites vaudous sur une partition musicale puisée dans l’œuvre de Kurt Weill.

Si le nom d’Alain Buffard raisonne plus facilement chez les amateurs de danse contemporaine, l’homme sait également chorégraphier les lieux pour les faire parler. À Nîmes, il confrontait plusieurs endroits parfois oubliés de la ville pour dénoncer l’histoire coloniale. ou en 2002,

Campy, Vampy, Tacky, une série d’expositions et événements réalisés avec La Criée centre d’art contemporain de Rennes où était interrogée la question du genre.

Il avait fondé l’association pi:es en 1998 avec laquelle il aura créé une quinzaine d’œuvres chorégraphiques et visuelles, dont le premier Bleu nuit (1988) suivi notamment de  Good Boy, suivie de Tout va bien, EAT, Les inconsolés, My lunch with Anna,  Mauvais genre… Son dernier acte artistique aura été Histoires parallèles: pays mêlés, un événement conçu à Nîmes autour des questions de territoires et d’identité (exposition, spectacle vivant, conférences, rencontres, projections).

Grand performeur il a su allier le geste et l’humour dans des propositions détonantes. Des danseurs à manger dans Eat, un rendez vous avec l’une des papesses de la danse contemporaine, Anna Halprin, une chorégraphie sado-maso dans Les inconsolés. Il avait su rendre politique le geste, dans une obsession de la dénonciation des affres de la colonisation comme dans Tout va bien.

Dénonciation des stéréotypes, questionnement du corps, Buffard était un chercheur. Il s’est éteint trop jeune, dans son sommeil, âgé à peine de 53 ans.

Visuel :

Alain Buffard dans « My Lunch With Anna » (2005)

 © https://fr-fr.facebook.com/alainbuffard.pies

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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