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Gaël Faye décroche le Goncourt des lycéens

Gaël Faye décroche le Goncourt des lycéens

17 novembre 2016 | PAR Audrey Paillasse

Malheureux finaliste du prix Goncourt 2016, Gaël Faye se console avec le Goncourt des lycéens, qui vient de lui être attribué ce jeudi 17 novembre pour son roman Petit Pays. L’auteur succède à Delphine de Vigan avec le récit d’une enfance bouleversée par la guerre au Burundi.

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Ils étaient 14 en lice pour le 29ème prix du Goncourt des lycéens, qui permet chaque année à près de 2000 élèves de 15 à 18 ans de sélectionner le roman qu’ils ont préféré. Après deux mois de lecture et de rencontres régionales avec les auteurs, ils ont choisi Gaël Faye, qui concourrait aux côtés de Yasmina Reza, Leila Slimani ou encore Jean-Paul Dubois. Il succède à Delphine de Vigan qui l’avait emporté en 2015 avec D’après une histoire vraie. Les lycéens ont aimé Petit Pays, un roman tout en délicatesse qui nous plonge au cœur de la guerre civile au Burundi et du génocide du Rwanda dans les années 90 à travers les yeux innocents du narrateur, qui n’est alors qu’un enfant.

Gabriel suit des cours à l’école française de Bujumbura, aime les paysages magnifiques de son pays et s’ennuie un peu à l’école jusqu’à ce qu’il commence une correspondance avec une fillette française de son âge qui vit à Orléans. De loin, il tombe amoureux d’elle et peut lui exprimer de manière infiniment poétique à la fois la fin de l’enfance et le début d’un âge adulte qui naît dans la terreur et la violence des guerres et du génocide de la famille de sa mère, au Rwanda voisin.

En laissant parler en lui l’enfant de 11 ans, Gaël Faye livre un texte musical, touffu, précieux. Les personnages sont hauts en couleurs et la force de vie d’un monde vibrant laisse peut à peu place au désastre des années 1990, sans que jamais la vitalité ne disparaisse. Même face au pire. A la fois très brûlant de sentiments et philosophe, Gaël Faye livre avec du recul un roman qu’on sent urgent. Une voix originale et bouleversante qu’on n’a pas fini d’entendre, à la fois dans ses chansons et dans ce format roman, qu’il maîtrise avec une dextérité impressionnante.

Visuel : ©Couverture

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Audrey Paillasse

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