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Format Court lance son Festival du 3 au 7 avril 2019

Format Court lance son Festival du 3 au 7 avril 2019

28 mars 2019 | PAR Yaël Hirsch

Pour fêter ses 10 ans, le magazine spécialiste du court-métrage, Format court organise un festival du mercredi 3 au dimanche 7 avril 2019 au cinéma Le Studio des Ursulines, Paris 5ème. Parmi les invités : Damien Bonnard et Philippe Rebot. Entretien avec Katia Bayer, rédactrice en chef du magazine.

Pouvez-vous vous présenter?

Je suis journaliste depuis plus de 10 ans. Après des études de médiation culturelle à Bruxelles, j’ai travaillé pour Cinergie.be, un site de cinéma belge et participé à l’organisation de festivals. Il y a 10 ans, j’ai monté un site internet sur le court-métrage avec deux amis : Format Court. A l’époque, nous souhaitions parler des films et des auteurs qui nous intéressaient. Avec une liberté de choix, de ton, de ligne, dans l’idée d’offrir de la visibilité au court-métrage, un format qui nous plaisait énormément mais qui était bien peu repéré par la plupart des gens. Au fil des années, le site a grossi, de nouvelles personnes nous ont rejoints, nous avons organisé des projections mensuelles au Studio des Ursulines (Paris, 5è), remis des prix en festivals, participé à des jurys, programmé des cartes blanches, …. Aujourd’hui, le site est très repéré pour tout amateur de courts : on parle des films, on publie des actus et des interviews, on diffuse énormément de films sur notre site, … . Et pour nos 10 ans, on monte un festival !

Pouvez vous nous parler des deux invités d’honneur Philippe Rebot et Damien Bonnard? Ont ils chacun a leur manière un Format privilégié avec le court?

Philippe Rebbot et Damien Bonnart sont tous deux comédiens. Cela fait un moment qu’on les a repérés dans des courts, bien avant leurs longs en fait. Ils ont compris l’intérêt du court-métrage (nouveaux talents, prise de risques, passage potentiel au long-métrage) et tournent souvent avec des nouveaux cinéastes ou avec des auteurs qu’ils connaissent déjà. Ca leur permet de continuer à travailler, de faire une pause entre deux longs, d’être en contact avec de nouveaux univers. Juste avant le festival, Philippe va tourner dans deux courts. J’aime bien cette idée de rester en éveil, de rester attentif, de continuer à chercher et à faire confiance aux nouveaux venus.

Format Court existe depuis 10 ans maintenant. Il y a quelques années, j’ai vu ¿ Donde esta Kim Basinger ? d’Edouard Deluc (qui a tourné depuis 2 longs, Mariage à Menoza et Gauguin : Voyage à Tahiti). Super film. Jeu d’acteurs incroyables. Humour génial. Le film remporte le Grand Prix au Festival de Clermont-Ferrand, j’interviewe Edouard, je découvre Philippe. Puis, de film en film, je le retrouve. En voyant son nom au générique, j’ai l’impression de retrouver un copain, un mec qui joue bien, très bien. Même chose pour Damien qui a joué dans énormément de courts-métrages, ils ne figurent d’ailleurs pas tous sur le site de son agent ! Il peut avoir juste une scène dans Rétention de Thomas Kruithof comme être un motard déprimé dans Cross d’Idir Serghine qu’on va diffuser. C’est quelqu’un qui a conscience que le métier de comédien s’apprend sur le terrain, au fil des rencontres et qui a commencé en faisant beaucoup de figuration. Au départ, il n’était qu’une silhouette avant de décrocher des petits rôles (le frère, l’ouvrier, l’ami) avant d’obtenir petit à petit un prénom au cinéma. Maintenant, même s’il joue chez Salvadori ou Polanski, il continue à tourner dans des courts. Ça le fait vibrer.

Y a t il des courts-métrages qui sont des hits absolu et font venir des gens? 

Il n’y a pas à proprement parler de hits en matière de courts-métrages, j’adorerais que ce soit le cas ! Le grand public voit peu de courts-métrages, même si des initiatives en faveur du court se multiplient. Le problème est que le court reste confidentiel et qu’il faut commencer à s’y intéresser pour se rendre compte de la profusion et de la qualité des films produits en France comme ailleurs. Logorama a beaucoup fait parler de lui en son temps (il a eu un César et un Oscar, ce qui est rare pour un court français) et a bénéficié d’une super visibilité, d’un graphisme sympa et d’un message cool (anti-marques) pour faire parler de lui. Nous le programmons d’ailleurs dans notre programme consacré aux César car c’est un film qui a compté dans le monde du court animé et que nous avons plaisir à montrer. Même si il date, ça reste un super film !

Pour cette première édition, nous mettons au même niveau des courts-métrages réalisés par des étudiants (programme ESRA), des films expérimentaux (séance En marge !), des courts réalisés par des cinéastes tels que Xavier Legrand, Jean-Bernard Marlin, Antonin Peretjako, Benjamin Renner (Retour vers le court) et des auteurs belges d’aujourd’hui et demain (spéciale Belgique). J’ai l’espoir qu’avec ce festival, les gens découvriront le court-métrage et le trouveront aussi formidable que nous !

Quand vous créez un programme de courts pour une séance, cherchez vous un fil directeur thématique ? 

De 2012 à 2017, j’ai programmé et animé des projections mensuelles de courts-métrages (les soirées Format Court) au Studio des Ursulines, le même cinéma où le festival aura lieu du 3 au 7 avril. Je n’avais pas de fil en tête, plus des intuitions, des envies de programmation. Je voyais des films en festivals et hop, je cherchais à les montrer à ceux et celles qui n’avaient pas eu la chance de les voir. J’ai montré très peu de cartes blanches pendant ces 5 ans, je privilégiais la surprise (d’emblée, à moins de fréquenter les festivals, peu de gens savaient réellement ce qu’ils allaient voir sur l’écran) et l’aspect international. L’idée de base était que chaque séance était suivie d’une rencontre avec les équipes de certains films. On a ainsi accueilli des réalisateurs français bien entendu, mais aussi belges, anglais, italiens, espagnols, roumains, suisses, israéliens, islandais, iraniens, … Avec des films de tous genres : des moyens-métrages, des films d’écoles, des très courts, des films du début du siècle, … Le patchwork, l’éclectisme primait. Pour cette première édition, pour ce premier festival, on a voulu faire de même : jouer sur la surprise, la rencontre, l’échange, les films de qualité. On accueillera ainsi 25 professionnels français, belges et finlandais sur 37 courts représentés.

Quel est le lien du festival avec l’ESRA ?

Depuis plusieurs années, on travaille avec l’ESRA. Non seulement, on s’entend bien, mais en plus, on développe des projets ensemble. On a commencé à faire de la pub pour leurs journées portes ouvertes, on s’est rendu compte qu’on avait envie d’aller plus loin. Depuis deux ans, l’école est partenaire de nos « After Short », des soirées de networking organisés au Point Ephémère (Paris, 10ème) autour de deux temps forts de l’année cinéma : les César et Cannes. On invite les réalisateurs de courts pré-sélectionnés aux César et sélectionnés à Cannes (toutes sections confondues, eh oui, il y a plein de courts au festival !), je les interroge et ainsi, les étudiants de l’ESRA (mais pas seulement, les soirées sont ouvertes à tous) peuvent rencontrer des réalisateurs, des producteurs, des scénaristes, des comédiens, des techniciens, des sélectionneurs de festivals… Ces soirées sont d’excellentes opportunités pour se faire des contacts, chercher un stage, en savoir plus sur des parcours, des projets, …

Comment allez-vous fêter l’anniversaire de Format Court ?

On n’a jamais fait de fête. 10 ans, c’est un cap, ça se fête ! Là, on va mettre le paquet le samedi 6 avril au Point Éphémère ! On vient de passer commande pour 8 kg de bonbons Haribo, on va acheter plein de ballons et de fanions, on a prévu de faire des parties de ping-pong, de baby-foot, de danser sur place, de faire du networking ! Philippe Rebbot, les cinéastes invités, nos partenaires et l’équipe de Format Court seront présents. On invite tout le monde à nous rejoindre, pros, cinéphiles, étudiants, curieux, amateurs de soirées. Pour ce faire et comme on est bénévole, on propose juste aux gens de payer leur place en ligne sur Leetchi (5 € l’entrée).

Qui vient ? Qui voit du court-métrage et comment en France ?

Tout le monde ! Le court reste et encore et toujours un format de niche perçu comme un format pointu, pour initiés. Et bien, non : il y en a pour tous les goûts, comme pour les longs-métrages. Pas de mystère : on parle bien de cinéma ! Ceux qui voient du court, ce sont en général ceux qui en font, l’étudient à l’école, le diffusent, .. Ceux qui s’y intéressent, ce sont ceux qui ont envie de découvrir des films, des univers, des histoires, des comédiens, des idées de mises en scène.. On voit des courts en ligne, sur notre site mais aussi sur les plateformes VOD, les sites des chaînes de TV ou encore en salle et dans les festivals. En matière de courts, les festivals représentent un très large espace de diffusion de films. Le plus important est celui de Clermont-Ferrand qui, depuis plus de 40 ans, est la référence que tout le monde va vous citer, mais il y a plein d’autres festivals dans de nombreuses villes en France qui programment des courts, ce qui est très important pour la diffusion des œuvres et le parcours des auteurs.

Quel est le rôle de quelqu’un comme Margaux Pierrefiche pour promouvoir le court ?

Margaux est l’interface entre l’Académie et les réalisateurs nommés aux César. Elle s’occupe aussi des Nuits en or du court-métrage qui valorisent les courts-métragistes primés aux César, aux Oscars, aux Goya, aux Ophir, aux Magritte, … Elle est en contact avec les auteurs de demain. A l’occasion de notre dernier After Short consacré aux César, sur 36 court-métrages d’animation et de fiction présélectionnés par les comités de professionnels des César, une bonne vingtaine de pros étaient présents dont Margaux.

Les César, l’organisation et la composition des comités, la procédure de vote, le choix des courts-métrages retenus, tout cela suscite bon nombre de questions. Les étudiants, les autodidactes et les professionnels cherchent à comprendre comment tout cela fonctionne (les César reste encore et toujours un mystère). C’est important que quelqu’un de l’intérieur, comme elle, puisse être repéré car même si il s’agit des César, le court métrage reste peu repéré, mal aimé et incompris. Heureusement, il y a des nouveaux visages, des nouveaux festivals où on se coupe la frange comme le nôtre, des nouveaux auteurs, des nouveaux films en ligne… Personnellement, je trouve qu’on est bien parti pour que le court devienne super cool !

visuel : Photo de Katia Bayer et affiche du festival

Infos pratiques

Les vernissages de la semaine du 28 mars
Modèles Noires au Musée d’Orsay
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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