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Figure légendaire de la « beat generation », Lawrence Ferlinghetti s’est éteint

Figure légendaire de la « beat generation », Lawrence Ferlinghetti s’est éteint

25 février 2021 | PAR Manon Bonnenfant

Il aura vécu un centenaire entier. Le poète Lawrence Ferlinghetti est décédé chez lui à San Francisco, le lundi 22 février. Lui qui aura marqué tout un mouvement littéraire et artistique par ses nombreux et réputés travaux. 

C’est après un long combat contre une maladie des poumons que Lawrence Ferlinghetti – né Ferling – s’est éteint, une confirmation faite par son directeur de marketing et publicité Stacey Lewis. Il était l’un des derniers survivants de la « Beat Generation », célèbre mouvement littéraire et artistique qui prit sa source dans les années 50. Poète, il aura joué un rôle majeur dans l’expansion de ce courant, principalement actif sur la Côte Est des Etats-Unis. Lawrence Ferlinghetti est né à New-York en 1919. A vingt-quatre ans, il co-fonda la désormais légendaire librairie « City Lights » à San Francisco. Plus qu’une librairie, un véritable point de rencontre entre les auteurs, poètes, artistes et le public. Deux ans plus tard, soucieux de se développer son business dans le milieu de l’édition, il rachètera les droits de son ex co-fondateur Peter D. Martin pour ouvrir une maison d’édition spécialisée dans la poésie. Ferlinghetti (nom qu’il emprunta dès lors) publia des œuvres de centaines des personnalités littéraires les plus importantes de l’après-guerre, y compris les poètes William S. Burroughs et Jack Kerouac.

Mais ce qui le propulsa sur le devant de la scène internationale fut un poème d’Allen Ginsberg intitulé « Howl » : la publication de ce poème – inclut avec d’autres dans un livre à part – lui valut d’être arrêté par la police de San Francisco, celle-ci l’accusant d’obscénités (en raison des nombreuses références au sexe et à la drogue. C’est une affaire qui secoua le pays entier, la question de la censure littéraire ayant été soulevée. Finalement blanchi et son œuvre autorisée, Ferlinghetti prit ainsi part aux progrès de la liberté d’expression créative dans le pays. Un combat de gagné qui sembla le galvaniser puisqu’il devint un auteur extrêmement prolifique : parmi ses nombreux travaux poétiques, l’on peut citer son recueil de 1958 « A Coney Island of the Mind », ses poèmes « Two Scavengers in a Truck, Two Beautiful People in a Mercedes », ou encore « Euphoria ». Au total, on compte plus de 30 recueils de publiés. Il se démarqua avec un style plutôt accessible et ancré dans la spiritualité, la sienne. Ses thèmes abordés (les maux de la société américaine, la corruption…) contribuèrent à amplifier sa popularité.

Une popularité, une légende dont l’ampleur et la beauté prit tout son sens lorsque la ville de San Francisco fit du 24 mars – à l’occasion du centième anniversaire du poète l’an dernier – un jour « spécial Lawrence Ferlinghetti ». Sa librairie « City of Lights » existe toujours, continuant d’accueillir – en plus du public quotidien – divers évènements littéraires. Quel meilleur moyen d’honorer la mémoire de Lawrence Ferlinghetti ?

 

Visuel : ©michel67/Wikipedia Commons

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Manon Bonnenfant

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