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[Interview] Félix Héaulme, danseur, à propos des ateliers en milieu scolaire : « J’aime cette rencontre et cette transmission, peut-être plus intime pour moi qu’une représentation »

[Interview] Félix Héaulme, danseur, à propos des ateliers en milieu scolaire : « J’aime cette rencontre et cette transmission, peut-être plus intime pour moi qu’une représentation »

02 février 2021 | PAR Julia Wahl

Comme tous les théâtres français, le Tandem-Scène nationale d’Arras et Douai a dû, en raison des mesures sanitaires, arrêter les représentations à destination du public. Qu’à cela ne tienne ! L’équipe des relations publiques a proposé à Marion Duvinage, costumière du spectacle A poils d’Alice Laloy, et Félix Héaulme d’animer des ateliers pour enfants. Ce dernier, danseur des Fables à La Fontaine de Dominique Hervieu, Lia Rodrigues et Béatrice Massin, a bien voulu répondre à nos questions.

Vous êtes danseur professionnel : en quoi la crise sanitaire a-t-elle bouleversé votre quotidien ?

La crise sanitaire a stoppé net mon activité professionnelle. Étant dans une période de diffusion, et donc dépendant de l’ouverture des lieux culturels, je n’ai pu travailler que quelques journées depuis mars 2020.

Mon quotidien était principalement fait de tournées. Il a radicalement changé depuis, je suis maintenant engagé sur des productions qui ne tournent pas, dans l’attente de la reprise de l’activité. 

Vous proposiez la semaine dernière des ateliers dans des écoles d’Arras et du Pas-de-Calais : qu’est-ce qui vous a plu dans cette proposition ?

Ça fait longtemps que je donne des ateliers en milieu scolaire, ainsi que pour d’autres publics d’ailleurs. Ces ateliers, sont souvent articulés autour des créations auxquelles je participe. J’aime cette rencontre et cette transmission, peut-être plus intime pour moi qu’une représentation. 

Ces ateliers ont été mis en place par les équipes du Tandem, autour du spectacle Fables à La Fontaine.

Pouvez-vous nous présenter rapidement ce spectacle ?

Ce spectacle est un programme composé de trois duos, avec chacun pour thème une des fables de La Fontaine : « Le loup et l’agneau », chorégraphié par Béatrice Massin, « Contre ceux qui ont le goût difficile » de Lia Rodrigues et « Le corbeau et le renard » de Dominique Hervieu. Initialement créé au début des années 2000, ces trois duos faisaient partie d’un large « catalogue » de fables créées par différents chorégraphes.

Le spectacle, tout comme vos ateliers, s’appuie en grande partie sur la LSF (Langue des Signes Françaises) : en quoi cette langue vous paraît-elle source de création ?

Je ne suis pas du tout spécialiste en LSF, mais je pense que l’aspect physique, gestuel, de ce langage peut être une très bonne porte d’entrée pour aborder la danse contemporaine. Penser le corps comme un outil de communication me ramène à ma pratique professionnelle de la danse contemporaine. D’une manière plus générale, j’aime l’idée que tout geste peut être danse. 

Les contraintes sanitaires actuelles modifient-elles votre façon de mener les ateliers ?

Oui, j’ai dû penser à adapter mes propositions. Mais, plutôt que de changer complètement la manière dont je donne mes ateliers, j’ai essayé de me rendre flexible pendant la durée de l’atelier, pour pouvoir réagir sur le moment aux nouvelles contraintes. En effet, elles ne sont pas les mêmes dans chaque établissement. 

Par exemple, il faut pouvoir adapter un exercice si l’espace ne permet pas de le faire sans déroger au protocole sanitaire. Mais cela doit se faire de manière fluide, pour éviter aux enfants de ressentir encore une fois la difficulté du moment que nous traversons actuellement, et qu’ils puissent se plonger pleinement dans l’atelier. 

Que retenez-vous de ces ateliers ?

Je constate que, malgré tout, les enfants ont envie. Ils sont créatifs, ils sont sensibles aux propositions artistiques. Cela met en évidence l’importance d’une intervention artistique en milieu scolaire, surtout en ce moment : actuellement, les écoles sont les seuls endroits où les enfants peuvent encore se retrouver, se socialiser, découvrir et partager. 

Visuel : © Julia Wahl

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Julia Wahl
Professeure de lettres durant dix ans, chargée de production de diverses compagnies de danse ou de théâtre, chargée d'action culturelle et des relations publiques... Tout ce qui a trait à la promotion de la culture et au développement de ses publics me passionne. Parce que l'on ne peut voir un spectacle sans vouloir transmettre ses émotions, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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