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Face aux ténèbres de l’obscurantisme, Lyon illumine sa peine

Face aux ténèbres de l’obscurantisme, Lyon illumine sa peine

14 novembre 2015 | PAR Elodie Martinez

Dans la fin de l’après-midi, le sort de la culture lyonnaise pour ce weekend a semblé se définir bien mieux que dans la matinée, n’apportant pas de bonnes nouvelles.

Contrairement aux déclarations faites par certaines maisons via leurs réseaux sociaux (voir notre précédent article), aucun spectacle n’aura lieu ce soir. Si l’information circulait sous le manteau depuis deux heures environ, le communiqué officiel de la ville de Lyon vient de tomber :
« Suite aux attentats survenus à Paris hier et aux 3 journées de deuil national décrétés par le Président de la République, la Ville de Lyon a décidé, en signe de recueillement et d’hommage aux victimes, l’annulation de toutes les manifestations culturelles à compter de ce soir et jusqu’à mardi inclus.
De ce fait, les musées resteront fermés (Beaux-arts, Gadagne, MAC…), les événements culturels en cours et les spectacles prévus sont annulés (concert à l’Opéra, à l’ONL, au Transbordeur prévus ce soir…), de même que les rencontres sportives.
De la même façon, la Métropole de Lyon a décidé la fermeture des établissements culturels (Biennale d’Art Contemporain, musée des Confluences, musée Gallo-Romain).
Le lundi 16 novembre à 12h, le Maire de Lyon rassemblera dans la cour de l’Hôtel de ville l’ensemble des conseillers municipaux pour observer une minute de silence. Tous les services de la Ville s’y associeront.
La sécurité est renforcée dans les lieux ouverts au public (parcs, centres commerciaux, gares). Les drapeaux sont en berne pendant la durée du deuil national. »

Toute manifestation culturelle est donc annulée (ou reportée) durant les trois jours de deuil national. Nous ne prononcera pas sur le débat que cela engendre. Toutefois, l’Opéra de Lyon et les Théâtre des Célestins, qui ne s’étaient pas encore prononcé, ont envoyé ou mis en ligne leurs communiqués. Les Célestins expliquent donc :

« Nous, acteurs du spectacle vivant, plus que jamais nous revendiquons notre condition de vivant, debout et combatifs face à la barbarie, à ces lâches homicides, à ces carnages dont les citoyens de Paris et de ses environs ont été victimes en cette soirée du vendredi 13 novembre.
Nous résisterons avec nos armes que sont la parole, le geste, le mouvement, la poésie, la magie et l’émotion, plus forts encore avec votre engagement de spectateur, armée de l’ombre, complice infaillible et éternelle, unie à notre destin.
Nous tenons à exprimer notre peine face à ces victimes innocentes trop tôt disparues, notre plus profonde compassion à l’égard de leur famille et de leurs proches puis notre solidarité avec toute l’équipe du Bataclan qui, comme nous, défend au quotidien la production du rêve et de l’imaginaire.
Ce soir, demain, par respect du deuil national décrété par le Président de la République, le rideau du Théâtre des Célestins restera baissé. Mais au plus vite, nous jouerons à nouveau pour honorer la mémoire de ces personnes monstrueusement abattues et pour affirmer que nous ne céderons pas à la peur, de même que nous sommes prêts à une mobilisation sans faille contre toute forme de terrorisme. »

Privés de spectacle, et ne sachant pas si une manifestation peut avoir lieu, les lyonnais ont continué de répondre aux appels lancés sur les réseaux sociaux pour mettre leurs lumignons à leurs fenêtres en signe de soutien aux victimes du vendredi 13 et à leurs familles. A 15h45, les marches de l’hôtel de ville commençaient à se remplir de quelques fleurs mais surtout de bougies. Comme l’indique « Vinciane Smallbones » sur Facebook : « Pour un Lyonnais, avoir mis 2 fois des bougies à ses fenêtres avant le 8 Décembre, c’est 2 fois de trop ». La ville s’éclaire donc petit à petit ce soir tandis que les photos de lumignons se multiplient sur les réseaux.
Face aux ténèbres de l’obscurantisme, Lyon illumine sa peine.

©Divers Facebook (dont le compte de 20 Minutes) et Elodie Martinez

C’était le Bataclan
Paris, 13 Novembre, la nuit.
Elodie Martinez
Après une Licence de Lettres Classiques et un Master en Lettres Modernes, Elodie découvre presque par hasard l'univers lyrique et a la chance d'intégrer en tant que figurante la production du Messie à l'Opéra de Lyon en décembre 2012. Elle débute également une thèse (qu'elle compte bien finir) sur Médée dans les arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis, en parallèle d'un stage dans l'édition à Paris, elle découvre l'univers de la rédaction web et intègre l'équipe de Toute la culture où elle participe principalement aux pages d'opéra, de musique classique et de théâtre. Elle a aussi chroniqué un petit nombre de livres et poursuit l'aventure une fois rentrée sur Lyon. Malheureusement, son parcours professionnel la force à se restreindre et à abandonner les pages de théâtre. Aujourd'hui, elle est chargée de projets junior pour un site concurrent axé sur l'opéra, mais elle reste attachée à Toute la culture et continue d'être en charge de l'agenda classique ainsi que de contribuer, à moindre échelle, à la rédaction des chroniques d'opéra.

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