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Disparition du photographe Louis Grivot dit Horace

Disparition du photographe Louis Grivot dit Horace

04 mai 2021 | PAR Léna Saint Jalmes

Le photographe Louis Grivot, connu sous le nom d’Horace est décédé le 20 avril, à l’âge de 80 ans. Rebelle anticolonialiste et antimilitariste, incontestablement indépendant, il fut un militant actif pour la défense de sa profession.

 
 
 
 
 
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Le photographe Louis Grivot dit Horace est né à Martigues (Bouches-du-Rhône) le 3 mars 1941 et est mort le 20 avril, à Figeac (Lot). Il commence la photographie dès 13 ans avec l’iconique boîte à soufflet Kodak. Très vite, il est engagé sur tous les sujets culturels et politiques des années 1960/70. Jazz, théâtre, danse, free mais aussi manifestations, Horace photographie activement la culture de son époque.

Il collabore pour de nombreux magazines comme le Figaro Magazine, Candide, en passant par Lettres françaises, L’Express ou encore Vogue. Cependant, il refuse une commande de Rivarol, un hebdomadaire d’extrême droite. Il revendique les droits des photographes et dénonce les médias qui les exploitent sans scrupule. Horace couvre massivement le mouvement de mai 68. L’Express l’envoie au festival de l’île de Wight (festival de musique pop et rock) où il réalise sa photographie la plus célèbre : Jimi Hendrix déformé à cause d’un incident de laboratoire du développement.

De multiples projets

En 1965, il expose à la Galerie des Jeunes (Paris) et y rencontre le batteur free Claude Delcloo. Deux ans plus tard, ils co-fondent le Jazz Fanzine Actuel, ancêtre de la revue Actuel, l’une des premières formations de free française. Puis il crée avec Philippe Carles, Francis Marmande et Thierry Trombert, Bird is Free, un montage audiovisuel sur l’histoire musicale de Charlie Parker au Free Jazz dans le contexte socio-économique des années 40/70. Bird is Free est projeté pendant des dizaines d’années dans des festivals comme celui de jazz d’Angoulème. En 1971, il ouvre avec Gérard-Aimé une école de photographie destinée aux militants et sympathisants d’extrême-gauche.

Depuis plusieurs années, Horace s’était éloignée de cette vie pour le calme de la campagne, dans le Morvan puis en Aveyron. Il a légué son fond photographique comprenant plus de 200 000 négatifs noir et blanc à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. De belles expositions en perspective !

 

Visuel : ©Laetitia Larralde

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Léna Saint Jalmes

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