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Décès de Dominique Darzacq, figure emblématique de la critique théâtrale

Décès de Dominique Darzacq, figure emblématique de la critique théâtrale

11 janvier 2021 | PAR Lise Ripoche

Dominique Darzacq est décédée le 8 janvier 2021; elle allait avoir 89 ans. Officier des Arts et des Lettres, Vice-Présidente d’honneur du Syndicat de la critique, elle n’aura eu de cesse de défendre sa vision du théâtre comme un art à la fois populaire et exigent.

Dominique Darzacq a marqué les esprits. Silhouette frêle, moue rieuse et tempérament virulent lui ont valu de s’imposer comme une des figures emblématiques de la critique d’art engagée. Elle vivait proche du milieu théâtral et était la compagne de la femme de théâtre Martine Spangaro, décédée le 31 mai 2020, qui participa à la direction du théâtre de Sartrouville et dirigea longtemps le théâtre du Petit Louvre à Avignon

 

La critique comme engagement

Dominique Darzacq a fait ses débuts à Combat sous la direction de Philippe Tesson. Son besoin d’indépendance ne l’attache à aucune rédaction, ainsi elle écrira autant pour Le Monde et Connaissance des Arts que pour Révolution et Le Journal du théâtre. Elle n’a d’ailleurs jamais cessé d’écrire, publiant jusqu’à récemment des articles sur le site webtheatre. Faire exister le théâtre d’art partout et pour tous, tel était l’engagement primordial qui a décidé de ses choix de carrière. Chroniqueuse à France Inter,  c’est notamment sur TF1, auprès de Marie-Laure Augry et d’Yves Mourousi, que Dominique Darzacq parvient à ouvrir à une large audience la création contemporaine. Un véritable tour de force et un geste exemplaire de partage de la culture alors que les programmations actuelles peines encore à intégrer le spectacle vivant. 

 

L’histoire du présent

Dominique Darzacq abordait le théâtre comme une journaliste, les œuvres comme des événements et les dramaturges comme des univers à explorer. Témoin de son temps, elle publia quelques ouvrages comme Du théâtre comme il n’était pas à prévoir mais à espérer en 1985, sur le théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, ou Le Désordre des vivants (de longs entretiens avec Jean-Pierre Vincent, 2002). A travers « Mémoire du théâtre », série de portraits-d’entretiens pour l’INA, elle offre un véritable panorama de la création de l’époque. Ces films sont d’une grande valeur, grâce au talent d’intervieweuse de Dominique Darzacq, qui savait à la fois mener et laisser s’exprimer l’identité particulière de chacun. Elle s’est entretenue avec René Allio, Hubert Gignoux, Roger Planchon, Jacques Mauclair, Jean-Pierre Vincent… Elle connaissait la valeur de ces documents, et voulant laisser trace de ces voix, constituait ainsi une véritable histoire du présent. 

 

crédit visuel :©Laetitia Larralde

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Lise Ripoche

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