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Décès d’Andrzej Wajda, disparition d’un réalisateur engagé

Décès d’Andrzej Wajda, disparition d’un réalisateur engagé

11 octobre 2016 | PAR Charles Filhine-Trésarrieu

Le réalisateur polonais Andrzej Wajda nous a quitté le dimanche 9 octobre 2016, il avait 90 ans. Il laisse le souvenir d’un homme de convictions au talent reconnu à l’international avec une Palme d’or à Cannes en 1981 et un Oscar en 2000 pour l’ensemble de son œuvre.

Né en 1926 en Pologne, la jeunesse d’Andrzej Wajda est marquée par la Seconde Guerre mondiale qui voit son entrée dans la résistance contre l’occupant allemand à l’âge de 16 ans et son père assassiné par le régime de Staline à Katyn avec des dizaines de milliers d’autres officiers de l’armée polonaise. Après le retour de la paix Andrzej Wajda se tourne vers le cinéma et se forme à l’Académie des Beaux Arts de Cracovie et l’Ecole de cinéma de Lodz.

Ses premiers longs-métrages, Génération (1955), Ils aimaient la vie (1957) ou encore Cendres et Diamants (1958) sont imprégnés de son expérience douloureuse de la guerre et relatent la tragique histoire des Polonais pendant ces années de souffrance. Très engagé, il n’hésite pas à critiquer le régime communiste polonais à travers ses œuvres. Dans L’Homme de fer, sorti en 1981, il raconte ainsi la genèse de Solidarnosc, l’organisation qui s’oppose alors courageusement au gouvernement soutenu par Moscou. Ce film lui permet d’obtenir la Palme d’or au Festival de Cannes, et c’est cette reconnaissance internationale qui lui évite de finir en prison lors de la violente répression qui s’abat sur les sympathisants de Solidarnosc dans son pays.

Ne souhaitant pas renier ses prises de positions, il est pendant un temps contraint de réaliser des films à l’étranger dont Danton (1983) qui met en scène Gérard Depardieu ou encore Les Possédés (1988), une adaptation de Fédor Dostoïevski dont il a confié les rôles principaux à Lambert Wilson et Isabelle Huppert. De retour en Pologne après la chute du rideau de fer, il continue de livrer une œuvre partisane et engagée. En 2000, Andrzej Wajda a reçu un oscar qui récompense l’ensemble de son œuvre. Jusque dans les dernières années de sa vie, il réalise des films qui lui tiennent à cœur comme Katyn (2007), le récit du crime de masse perpétré par les soviétique et camouflé en massacre nazi, où son père a trouvé la mort, et L’Homme du peuple (2013), qui raconte la vie de son compagnon de route Lech Walesa, le leader de Solidarnosc et ancien président de la Pologne, Prix Nobel de la paix 1983. Son dernier long-métrage, Après-Image, n’est pas encore sorti en salles mais représentera la Pologne pour l’oscar du meilleur film étranger à la prochaine cérémonie des oscars. Présenté en septembre au Festival de Toronto, certains y ont vu une critique du gouvernement actuel de la Pologne, dirigé par le parti très conservateur Droit et Justice (PiS). Jusqu’à son dernier souffle, Andrzej Wajda a ainsi su incarné cette génération d’artistes polonais engagés qui ont lutté toute leur vie pour leurs convictions.

Visuel : ® Wikimedia Commons

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Charles Filhine-Trésarrieu

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