Actu

Décès d’Agnès Varda : triste jour pour la culture

Décès d’Agnès Varda : triste jour pour la culture

29 mars 2019 | PAR Pierre-Lou Quillard

La maison rose de la rue Daguerre dans laquelle vivait l’iconique petite dame à la chevelure blanche et rousse ainsi que ses chats, a perdu aujourd’hui (29 mars 2019) de sa joie de vivre. A 90 ans s’est éteinte une artiste totale des arts-visuels : photographe, cinéaste engagée, plasticienne singulière.

 

Considérée comme la « grand-mère de la Nouvelle Vague » pour avoir précédé Truffaut et ses compères en tournant son premier film au plus près du réel, Agnès Varda laisse derrière elle une œuvre considérable avec 12 longs-métrages, 18 documentaires, 14 courts-métrages et de nombreuses autres œuvres non filmiques. En 1987 , elle reçoit consécration au festival de Venise en obtenant le Lion d’or pour son film Sans toi ni loi avec Sandrine Bonnaire. Un César d’honneur pour l’ensemble de son œuvre cinématographique lui a été remis en 2001. Son dernier documentaire « Visages, villages », réalisé à 4 mains avec l’artistes contemporain JR, lui a valu un Oscar d’honneur en 2018.

Née à Bruxelles en 1928, elle a connu l’exode et s’installe avec sa famille en France, à Sète. A 20 ans, elle est embauchée  comme photographe du Théâtre national populaire (TNP) de Jean Vilar. Petit à petit, elle va multiplier les supports d’expression. Artiste engagée, elle a souvent questionné l’émancipation des femmes, la peur de la mort, les injustices sociales. Plasticienne de génie, elle a toujours su exprimer sa vision du monde avec finesse et facétie. Une exposition lui a été dédiée à la Fondation Cartier, en 2006.

Artiste indépendante, elle est néanmoins inséparable dans les esprits de son époux, l’immense Jacques Demy, autre figure de la Nouvelle Vague et monument du cinéma français, qu’elle rencontra en 1958, avec qui elle eut deux enfants, et qui nous quitta en 1990. Ensemble, ils formèrent un couple mythique du cinéma français. Agnès Varda est d’ailleurs intervenue plusieurs fois cette année pour le programme « comédies musicales » de la Cinémathèque Française qui rendait, entre autres, hommage à Jacques Demy.

Terminons en poésie avec une citation d’Agnès à propos d’elle-même, extraite du film Les Plages d’Agnès (2008) :

« Si on ouvrait des gens, on trouverait des paysages. Si on m’ouvrait moi, on trouverait des plages. »

 

Visuel : Wikipédia. 

Maud Le Pladec dans les fragments de la Symphonie inachevée de Schubert
Rencontre : Sonarium un projet audiophile passionnant
Pierre-Lou Quillard

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *