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Cet automne, le serial-emballeur Christo s’attaque à l’Arc de Triomphe !

Cet automne, le serial-emballeur Christo s’attaque à l’Arc de Triomphe !

19 février 2020 | PAR Hortense Milléquant

En septembre, l’artiste contemporain Christo emballe l’Arc de Triomphe, trente-cinq ans après avoir emballé le Pont-Neuf.

 

L’œuvre

L’artiste plasticien, Christo va emballer l’Arc de Triomphe à Paris, en 2020.
L’œuvre éphémère est conçue en étroite collaboration avec le Centre des monuments nationaux (CMN) et le Centre Pompidou. Elle s’intitule logiquement L’Arc de Triomphe empaqueté (Projet pour Paris, Place de l’Étoile-Charles de Gaulle).
Le paquet cadeau nécessite 25 000 mètres carrés de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté et 7 000 mètres de corde rouge, hommage aux couleurs nationales. L’Arc ainsi vêtu sera visible pendant 16 jours, du samedi 19 septembre au dimanche 4 octobre 2020. Et en avant-première, les riverains pourront voir un autre spectacle car il faudra au moins cinq jours et cinq nuits pour déployer la toile nécessaire à l’empaquetage.

 

Pas un centime d’argent public !

L’œuvre de Christo ne coûte pas un centime au contribuable, contrairement à celle de Joana Vasconcelos Cœur de Paris, installée en 2019 pour la Saint-Valentin. Cette dernière, coûtant la bagatelle de 650 000 euros d’argent public (dont 40 000 euros pour l’artiste), a surtout fait couler beaucoup d’encre, à l’époque.
Le communiqué officiel précise que « l’Arc de triomphe empaqueté sera entièrement autofinancé par Christo grâce à la vente de ses études préparatoires, dessins, collages du projet ainsi que des maquettes, œuvres des années cinquante-soixante et des lithographies originales dédiés à d’autres sujets. Il ne bénéficiera d’aucun financement public ou privé ».

 

Une cohabitation sereine …

D’abord prévue en avril, la présentation de l’œuvre a été reportée en automne car le monument parisien est aussi l’un des refuges d’une espèce protégée, le faucon crécerelle. Ces rapaces ont pris l’habitude de venir nicher sur les hauts bâtiments parisiens qui abritent au printemps de nombreux nids d’oiseaux. Le communiqué de presse explique ainsi que « le CMN (Centre des monuments nationaux), le Centre Pompidou et Christo, en concertation avec la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), ont décidé de reporter la réalisation du projet afin de garantir la sauvegarde des faucons crécerelles pendant la période de nidification à l’Arc de Triomphe. ».

Le CNM rassure également ceux qui s’inquiètent pour le feu sacré, il ajoute que « la Flamme de la Nation devant la tombe du Soldat Inconnu, sous l’Arc de Triomphe, continuera à bruler pendant les travaux d’installation et durant toute la période où l’œuvre sera visible. ».
Et quant aux visiteurs, ils peuvent aussi se tranquilliser car « l’Arc de Triomphe, y compris sa terrasse, restera accessible pendant la durée du projet. ».

Seul Le Parisien évoque un possible désagrément : le problème de la circulation aux abords du monument. Celle-ci pourrait être en effet compliquée : « Il n’est pas question de bloquer la place de l’Etoile. Nous travaillons avec la mairie de Paris et la préfecture sur ce dossier. Mais il est possible que la circulation soit interdite les week-ends, par exemple, pour permettre au maximum de gens de s’approcher. », indique Philippe Bélaval, à la tête du CMN. 

 

Et l’écologie ?

La toile utilisée est certes recyclable mais elle est faite en polypropylène, un polymère thermoplastique. Et sa production entraîne inévitablement un impact environnemental ainsi qu’une consommation de pétrole dont les réserves ne sont pas inépuisables.

À l’heure où l’on nous martèle à longueur de temps qu’il faut absolument sauver la planète, faire des paquets cadeaux réutilisables à Noël et limiter les emballages, cette œuvre peut alors sembler anachronique au XXIe siècle …

L’œuvre a effectivement été pensée dans les années 60 par Christo et sa femme Jeanne-Claude, décédée en 2009 des suites d’une rupture d’anévrisme. À l’époque, le couple loue un appartement près de l’Arc de Triomphe, Christo fait alors plusieurs études pour envelopper le bâtiment. Il fabrique notamment un photomontage avec l’Arc de triomphe empaqueté, vu depuis l’avenue Foch, puis quelques années plus tard, il réalise des études complémentaires. Près de quatre-vingts ans plus tard, ce projet devient réalité. Et l’artiste s’en réjouit : « Trente-cinq ans après que Jeanne-Claude et moi avons emballé le Pont-Neuf, je suis impatient de travailler à nouveau à Paris pour réaliser notre projet pour l’Arc de triomphe ».

Le président du CMN annonce que « cinq millions de visiteurs sont attendus ». Une manne pour le tourisme !

 

Rétrospective

Pour les fans de l’artiste, en guise d’amuse-bouche, le Centre Georges Pompidou propose l’exposition Christo et Jeanne-Claude Paris ! Visible du 18 mars au 15 juin 2020, elle retrace la période parisienne du couple ainsi que l’histoire du projet Le Pont-Neuf empaqueté, Projet pour Paris, 1975-1985. Christo, qui aura cette année quatre-vingt-cinq ans, est enthousiaste : « l’exposition au Centre Pompidou va révéler le contexte historique de la période pendant laquelle nous avons vécu et travaillé à Paris ».

 

Visuel : © Pont Neuf emballé par Christo (1985) – Airair Wikimedia Commons

 

 

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Hortense Milléquant

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