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Bénédicte Pesle. Vente de sa collection d’art contemporain

Bénédicte Pesle. Vente de sa collection d’art contemporain

16 octobre 2018 | PAR Raphaël de Gubernatis

 

 

Quelques mois à peine après la douloureuse disparition de Bénédicte Pesle (voir « Toute la Culture », article du 20 janvier 2018), sa collection d’art contemporain est tristement dispersée lors d’une vente aux enchères organisée par la maison Christie’s.

Bénédicte Pesle l’avait constituée en fonction de ses coups de cœur, au fil des années, alors qu’elle travaillait avec des artistes d’avant-garde au sein de la Galerie Iolas, puis lorsqu’elle fut celle qui lança et imposa sur les scènes françaises et européennes de grandes figures de la danse et du théâtre comme Merce Cunningham, Lucinda Childs, Trisha Brown, Robert Wilson…

Le fruit d’une authentique passion

Parmi les pièces mises en vente, une chaise imaginée par Robert Wilson et qui servit lors de la création d’ « Einstein on the Beach » ; des œuvres de Max Ernst, Pablo Picasso, Matta, Jean Dubuffet, Niki de Saint-Phalle, Jean Tinguely, Yves Klein, Victor Brauner, James Bishop, Sol Lewitt, Agnès Martin, Barnet Newman, Luis Fernandez, Takis, Lucio Fontana, Marcel Duchamp, Martial Raysse, Daniel Dezeuze, Stéphane Bordarier, André Pierre Arnal, Claude Viallat, Lucinda Childs, Robert Wilson, Robert Mapplethorpe, Max Neuhaus, John Cage ou Merce Cunningham, Jasper Johns, Jim Dine, Andy Warhol, Paul Thek…Toutes représentant la formidable effervescence artistique de la seconde moitié du XXe siècle.

Une collection extrêmement éclectique qui demeure le témoin de la passion authentique d’une femme qui lutta toute sa vie pour faire connaître les artistes qu’elle admirait et dont elle savait pertinemment qu’ils étaient des créateurs essentiels pour notre temps, comme ce fut le cas pour beaucoup d’entre eux. La collection de quelqu’un pour qui l’art était une raison de vivre et sans lequel l’existence n’aurait pas eu de sens. Mais une collection dont il lui arriva de vendre des pièces majeures pour pouvoir aider de nombreux artistes du spectacle vivant à réaliser leurs chorégraphies ou leurs mises en scène. La collection d’une très grande dame, d’une figure hors normes, dont Robert Wilson qui lui est infiniment redevable dit qu’elle fut une géante, et qui, en France, fit beaucoup plus et mieux pour l’art contemporain que la plupart de ceux qui reçurent indûment la charge de ministre de la Culture. Une collection qui raconte toute une vie d’engagements pasionnés et dont on aurait préféré qu’elle ne soit pas dispersée, mais qu’elle soit définitivement conservée dans un musée.

Raphaël de Gubernatis

La vente aura lieu le jeudi 18 octobre à 16h30 chez Christie’s, 9, avenue de Matignon, Paris VIIIe, sous le titre « She was a Giant ».

Exposition publique le mercredi 17 octobre de 10h à 18h et le jeudi de 10h à 12h.

visuel : ©Christie’s

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