La cité royale de Loches et la forteresse royale de Chinon : de nouveaux parcours de visite à découvrir

27 juillet 2018 Par
Christophe Dard
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En cette année 2018, les deux sites proposent de nouvelles animations, des scénographies ludiques et interactives et des événements. Une excellente occasion d’explorer ou de redécouvrir ces deux symboles du dynamisme de la Touraine durant le Moyen Âge et la Renaissance. A vos agendas pour une flânerie idéale en cette période estivale.

 

© Stevens Frémont

La Cité Royale de Loches © Stevens Frémont

 

Le donjon et le logis royal de Loches, situés à quelques mètres l’un de l’autre, semblent se toiser du regard et admirer leur majesté dans les yeux de l’autre. Mais ces deux éléments forment pourtant une seule et même entité, la Cité Royale de Loches, ceinturée par une enceinte de deux kilomètres et qui du haut de son éperon rocheux voit s’étendre à ses pieds une ville paisible et charmante.
La Cité Royale détient entre ses murs cinq siècles d’histoire, des plus belles heures du Moyen-Age aux débuts de la Renaissance, du roman au gothique, de Jeanne d’Arc à Agnès Sorel mais aussi des instants les plus sombres, les guerres et la transformation du donjon en prison.
Son histoire débute par la construction, au 11ème siècle, d’un château défendu par un donjon et érigé par le comte d’Anjou Foulques III. D’une hauteur de 37 mètres, ce donjon est un chef-d’œuvre de l’architecture militaire du Moyen Âge.

Mais c’est au cours du 15ème siècle, en pleine guerre de Cent Ans, que la Cité Royale de Loches fait peau neuve. Le roi Charles VII vient souvent à Loches. Il y reçoit Jeanne d’Arc en 1429 après la victoire d’Orléans face à l’Angleterre. Quelques années plus tard, Agnès Sorel, célèbre pour sa beauté et sa culture, séjourne souvent au Logis Royal aux côtés de Charles VII dont elle est la favorite. A la même époque, le donjon devient une citadelle. Il est enrichi d’une tour ronde, haute de 38 mètres. Puis il devient une prison royale durant le règne de Louis XI. Vers 1500, la reine de France Anne de Bretagne effectue des séjours réguliers à Loches et un second logis, dans le style gothique flamboyant, est bâti. Le donjon est toujours une prison. Le duc de Milan Ludovico Sforza, prisonnier de l’armée française, y est enfermé à partir de 1504 et il y meurt quatre ans plus tard.

Par la suite, la Cité Royale tombe dans l’oubli et devient une prison d’Etat. Sous-préfecture et tribunal civil à l’époque napoléonienne, Loches devient une maison d’arrêt départemental jusqu’en 1920.

 

Un nouveau parcours de visite

Réhabilitée depuis plusieurs années, la Cité Royale de Loches propose un nouveau parcours de visite. Ambiances sonores, signalétique informative, animations vidéo, supports manipulables… 15 espaces sont scénographiés et meublés dans l’esprit des lieux. Les monuments s’animent grâce à deux personnages fictifs, Emeline et Amaury, qui ont de nombreuses histoires à vous raconter sur Loches. Dans le donjon, une « cage de fer », symbole de la cruauté réputée de Louis XI, est reconstituée en grandeur nature. Un quiz permet de faire la distinction entre la légende et la réalité de ces cages.

Profitez de votre visite pour vous rendre également au jardin d’inspiration médiévale. Rempli d’essences rares, ce jardin contient des plantes médicinales, tinctoriales et potagères, des arbres et des arbustes fruitiers. Dépaysement assuré !

 

© Stevens Frémont

© Stevens Frémont

 

A vos agendas

-Tous les jours à 15 heures : des visites sont organisées pour les familles.
-3 août à 11h: la Cité royale s’anime de jeux médiévaux et de démonstration d’artisanat.
-Du 16 août au 16 septembre : des visites des fouilles sont proposées. Depuis deux ans, une campagne de fouilles est menée dans les jardins du Logis Royal.
-Un parcours dédié à l’art contemporain en Touraine, Act(e)s-Michel Verjux : Suite sur trois murs pour trois projecteurs à découpe. L’artiste a conçu une forme géométrique circulaire et projetée, une architecture lumineuse comme un dialogue avec l’espace. Jusqu’au 30 octobre.
-Laurent Verrier : « … And the night came… ». 200 modules identiques, répartis selon des systèmes de superpositions, forment une sculpture faite de formes diverses et entremêlées. En approchant sa main, le visiteur découvrira des caractères braille où il pourra lire l’œuvre originale de H.G. Wells The Country of the Blind.

INFORMATIONS PRATIQUES :
Ouverte jusqu’au 30 septembre de 9h à 19h.
www.citeroyaleloches.fr
02 47 59 01 32

 

© Stevens Frémont

© Stevens Frémont

 

La forteresse royale de Chinon

Enceinte de plus de cinq cents mètres de long, la forteresse royale de Chinon couronne la ville de sa puissance. Elle est l‘un des rares châteaux forts du Moyen Âge dans la vallée de la Loire et le seul exemple de forteresse médiévale occupée par des rois de France.

 

© Jean-Christophe Coutand

La forteresse royale de Chinon © Jean-Christophe Coutand

 

Le site est occupé dès l’Antiquité. A la fin de l’époque gauloise, un guerrier y installe sa demeure puis le promontoire est fortifié par une muraille de deux mètres quarante d’épaisseur au 5ème siècle. Chinon, qui fait alors partie du royaume des Wisigoths, résiste aux invasions romaines.

Au milieu du 11ème siècle, les comtes d’Anjou s’emparent de la Touraine et supplantent les comtes de Blois qui avaient la main sur la forteresse. C’est le début des grands travaux. Foulques IV construit une nouvelle enceinte entre 1087 et 1105.
La Touraine est possédée par la maison d’Anjou, qui, par sa branche aînée Plantagenêt, cumule les terres sous l’autorité du royaume d’Angleterre. Ainsi, à partir de 1160, le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt séjourne régulièrement à Loches et agrandit la forteresse. Il y fait garder une partie de son trésor royal et y séquestre son épouse Aliénor d’Aquitaine.
Reprise par les rois de France dès le 13ème siècle, la forteresse de Chinon se développe et se modernise. C’est également à Chinon que Jacques de Molay, le grand maître de l’ordre Templier, est séquestré avant d’être condamné à mort. Comme à Loches, le règne de Charles VII symbolise l’apogée de Chinon. Jeanne d’Arc rencontre deux fois le roi à Chinon, en 1429. A cette période, Chinon se pare de luxe et de raffinement.

Hélas, les similitudes avec Loches ne s’arrêtent pas là. La forteresse tombe dans l’oubli. En 1840, Chinon est classé Monument Historique mais les bâtiments sont voués à la démolition. Grâce à l’intervention de l’écrivain Prosper Mérimée, une subvention est attribuée et des restaurations sont engagées.
Le site est classé au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco, détenteur du label Tourisme et Handicap et de la marque Qualité tourisme.

 

© Jean-Christophe Coutand

© Jean-Christophe Coutand

 

2018 à Chinon : sous le signe de Charles VII

A Chinon, tout est fait pour plonger le visiteur dans l’histoire passionnante de la forteresse. Quatre films illustrent un épisode fondateur de son histoire. Deux salles sont consacrées à Jeanne d’Arc et les deux autres à l’histoire de la forteresse avec des bornes multimédias et des collections archéologiques issues des fouilles récentes. Des reconstitutions en 3D et des bancs sonores, dans le parc et dans les tours, complètent l’ensemble. En outre, le trébuchet pédagogique permet de découvrir et de tester une machine de guerre comme au temps du Moyen Âge. Impressionnant !

Mais cette année, des nouveautés sont au programme et la forteresse met à l’honneur Charles VII. Sa chambre intime fait l’objet d’une reconstruction meublée complète. Un lit, un fauteuil, un coffre, une table et un banc ont été recréés sur la base de modèles existants dans les musées ou représentés sur des miniatures.

D’autre part, Charles VII est aussi le héros de l’escape game. Enfermés dans une salle secrète de la forteresse, les participants doivent découvrir le trésor caché par Jeanne d’Arc lors de sa venue à la forteresse royale de Chinon.

 

© Jean-Christophe Coutand

© Jean-Christophe Coutand

 

A vos agendas

-Tous les jours de 11h à 12h30 et de 14h à 17h30 : des animations autour des armées et de la vie quotidienne à la cour de Charles VII.
-Du 12 juillet au 30 août : les jeudis du vin.
-5 août : les médiévales de Chinon : une journée d’animation et de spectacles.
-Un parcours dédié à l’art contemporain en Touraine, Act(e)s: Des œuvres sonores immersives d’artistes travaillant en Région Centre sont exposées notamment une tapisserie de Cécile Le Talec, Panoramique polyphonique, une véritable installation à l’intérieur de laquelle on peut se glisser, les oreilles bercées par des chants d’oiseaux. Jusqu’au 11 novembre.

INFORMATIONS PRATIQUES :
Ouvert tous les jours de 9h30 à 19h du 1er mai au 31 août et de 9h30 à 18h de mars à octobre.
www.forteressechinon.fr
02 47 93 13 45

Christophe Dard