Décès du couturier André Courrèges, architecte du vêtement

9 janvier 2016 Par Araso | 0 commentaires

André Courrèges s’est éteint hier à l’aube de sa 93ème année. Il avait marqué les années 1960 avec ses designs futuristes, une mode fraîche et jeune encore surnommée aujourd’hui « la bombe Courrèges ». Son empreinte se dessine en robes raccourcies, genoux dénudés sous des mini-jupes, silhouettes trapèzes effaçant la taille et les hanches, bonnets gainants, casquettes et chaussures plates. Nos adieux au couturier qui a révolutionné la mode.

C’est en 1965 qu’explose « la bombe Courrèges » suscitant l’excitation tous azimuts de la presse. Les mannequins Courrèges, vêtues de mini-robes et de combinaisons pantalons futuristes, secouent en profondeur l’establishment de la mode. Le couturier pioche dans le vestiaire des petites filles pour habiller les femmes de son temps, créée des tenues caméléon aussi bien pour le jour que la nuit et expédie les talons au profit de chaussures plates. Ses dessins sont géométriques, inspirés su Bauhaus, les coupes sont faites dans des matériaux rigides, les effets de lumières accentués par le blanc, sa couleur fétiche, puis par le rose et le bleu ciel dès 1967. 

André Courrèges a dirigé l’atelier de Cristbal Balenciaga de 1950 à 1961, avant de lancer sa propre maison de couture en partenariat avec son épouse, Cocqueline. André Courrèges, initialement ingénieur spécialisé dans le génie civil est aussi passionné d’architecture. Pour adoucir les lignes de ses vêtements, il use aussi bien d’appliques florales, de Rhodoid que de plumes. Pionnier dans la démocratisation du luxe, le couturier scinde dès les premières années ses collections en lignes distinctes (Courrèges Future en 1967, Hyperbole et Prototype en 1970). En 1972, il ouvre une usine dans sa ville natale de Pau où il développe certaines de ses innovations textiles, dont la résille blanche « seconde peau » portée sur une mini-jupe en 1969.

Sculpteur du vêtement, il étend rapidement ses activités à d’autres domaines créatifs comme les accessoires, le design, la gastronomie et l’immobilier. En 1972, Il dessine les uniformes de l’équipe de France pour les jeux Olypiques de Munich. En 1985, la maison de couture Courrèges a été vendue au groupe japonais Itokin, tout en conservant la direction artistique de Cocqueline Courrèges. Dix années plus tard, André et Cocqueline rachètent leurs parts dans la maison de couture, puis dans Courrèges parfums (Empreinte, Eau de Courrèges, Courrèges in Blue…) en 1996 et reprennent leur liberté artistique et financière. En 1994 et 1995, le couturier confie à Jean Charles de Castelbajac le soin de réaliser ses collections. En 1996, André Courrèges se retire des affaires et son épouse Cocqueline prend la tête de la maison. En 2011, la marque est rachetée par Jacques Bungert et Frédéric Torloting afin de continuer à développer le célèbre style Courrèges, à la croisée de la mode, du design et de l’art contemporain. En mai dernier, la maison annonce le recrutement du couple Coperni, Sébastien Meyer, 26 ans, côté stylisme, et Arnaud Vaillant, 25 ans, côté commercial dont la première collection pour la maison a été dévoilée en octobre dernier.

Visuel: Manteau futuriste, 1969, © Peter Knapp


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