Le comeback du Voguing

12 mai 2016 Par Kevin Depessemier | 0 commentaires

A l’occasion de la diffusion le 9 mai 2016 du documentaire de Gabrielle Culand sur France 4 sur la scène « Ballroom » Parisienne, découvrez quand la nuit appartiens aux modèles. Strike a pose!

Le Voguing, cette danse phare des clubs New Yorkais Queers, Afro et Latino des années 80 fait son retour discrètement depuis maintenant quelques années dans le milieu nocturne de Paris mais aussi dans la culture pop, une appropriation de ces mouvements imitant les plus belles couvertures de Vogue.

Maintenant, le Voguing devient monnaie courante, qu’elle soit dans les soirées discrètes ou bien dans les boîtes de Paris comme le Social Club ou bien le Wanderlust, au centre comme à la périphérie de la capitale. La scène est vaste, allant du spectacle à une forme d’amusement, pouvant être queer comme « industrial », des variations plus douces, d’autres plus violentes mais la mise en forme reste la même : souplesse, finesse et vitesse.

Les « balls » étaient un cocon pour les homosexuels noirs ou latinos, un endroit où ils pouvaient extérioriser sans jugement sexualité, danse et se lâcher le temps d’une nuit au sein d’une communauté qui s’ouvre à tous, les « Houses ». C’est Madonna, en 1990 avec son titre Vogue, qui donnera une vision d’un voguing plus épuré et classe à une société encore stigmatisante envers l’homosexualité, le sida et les ethnies autres qu’occidentales.

Il faut déjà savoir que le Voguing a trois grandes écoles : le « Old Way » qui est un hommage direct aux mannequins photos que l’on retrouve dans l’univers de Madonna aux moves droits et épurés, le « New Way » qui se veut plus libre que son prédécesseur et le « Vogue Fem », le plus extravagant et le plus féminin. Ce dernier attire de plus en plus les jeunes parisiens (principalement noirs, mais la porte est ouverte à tout le monde) et sera au centre de nombreuses soirées parisiennes, allant du Social Club à la Flash Cocotte où des ballrooms s’instaurent grâce à des grands noms comme Lasseindra Ninja, de son vrai nom Xavier, mais qui joue sur l’identité sexuelle et se retrouvera dans les compétitions féminines, car le Fem, c’est une libération de la femme en soi. Une femme bouge bien ses hanches ? Lasseindra touchera le plafond avec ses hanches si elle le pouvait.

Autrement, le New Way se rapprocherait plus des performances d’Aya Sato et Bambi, deux danseuses japonaises au style goth indus’ qui ont offert une reconnaissance au Voguing via des vidéos, le buzz sur les réseaux sociaux fut présent. Les danseuses ont capté l’attention de leurs congénères autant qu’aux lambdas qui ne s’attarderont pas plus sur l’univers vaste du Voguing, car celles-ci en plus d’être synchronisées au mouvement près, ont une classe et un charisme fou. Elles font depuis des scènes pour Madonna, ont été au centre d’une campagne pour la collection Fall 2015 pour Alexander Wang, participent à des vidéos pour Zinc ou Snakehips.

Même si aujourd’hui, le Voguing est devenu une danse contemporaine qui s’est même imposée en spectacle, cette dernière reste méprisée par certain, la jugeant parfois sans fond, sauvage ou bien simplement amusante à voir. Dommage pour eux, mais si cela vous intéresse n’hésitez pas à participer à un ball ou simplement de voir les nombreux documentaires qui offrent une vision de cette danse impressionnante.

Visuel : Extrait de « MOVEment: Chalayan x AyaBambi and Ryan Heffington », Youtube.


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