« Une Mariée à Dijon » : pièce-repas à l’Aquarium

8 février 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

Une mariée à Dijon est l’un des rares textes porté à la scène par Stéphane Olry et par Corine Miret qui ne soit pas écrit par eux. On y retrouve toutefois leur habituelle candeur.

Note de la rédaction :

En 1929, Mary Fisher, jeune mariée américaine découvre à Dijon la gastronomie française. Quand elle se rend pour la première fois aux Trois Faisans avec son mari, c’est un jeune couple ingénu que le vieux serveur, le petit Charles initie avec discrétion et sensibilité aux coutumes de la cuisine française. Six années plus tard, divorcée, Mary Fisher retourne dans le même restaurant avec son nouvel ami. Elle demande à être servie à nouveau par le vieux petit Charles et l’invisible serveur va prendre corps.

Huit grandes tables sont disposées en étoile autour de la scène. Nous sommes conviés à nous asseoir. Des souriants serveurs nous invitent à nous attabler au restaurant des « Trois Faisans » à Dijon. Nous faisons partie de la scénographie de la pièce.

Notre Menu : Salade cristal en entrée, soupe butternut – patidou en plat de résistance et compote de pomme-coing-menthe en dessert: tout est bon et bio. Tout a été spécialement cultivé pour les besoins du spectacle au potager du château de la Roche-Guyon. Le diner végétarien est délicieux comme la langue vieille France de Mary Fisher. Nous sommes hors du temps.

Corine Miret, Madame Fisher nous saisit, nous raconte les deux repas pris à six ans d’intervalle, par le menu (!). Elle nous touche avec le vieux petit Charles qui six ans passés aura vieilli, aura la main tremblante, et aura conservé son mystère entre timidité amoureuse et soumission servile. A la surprise finale, on pense à « Une Plaisanterie » de Tchekhov. Expérimentale, la pièce est un joli moment de vie et de théâtre. Vous pourrez en outre partager avec les autres convives-spectateurs, faire des rencontres.

Reste la radicale naïveté de la pièce et sa nostalgie réac. Elle déplie un manifeste bourgeois où les riches ratent leur vie, les pauvres sont des souffre-douleur, ces souffre-douleur sont des martyres éclairés et pleins d’humanité. Une pensée politique simplifiée où rien ne bouge vraiment et où nous ne faisons que passer pour consommer mieux tout en aimant toujours moins. Mais l’esprit de la pièce importe peu, nous ne sommes pas venus pour ça, et Corine Miret est fascinante.

Visuel : DR


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