Un « En attendant Godot » audacieux au Belleville

13 mars 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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Le plus simple pour la plupart est de sortir métro République pour monter la rue du faubourg du temple jusqu’au 94. Là, au Théâtre de Belleville chaque dimanche et lundi quelque chose d’incroyable advient grâce à la pièce de Becket mise en scène par Yann-Joël Collin que nous avions interviewé. 

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Le régisseur fait glisser un grand pot sur roulettes. Dans le pot, l’arbre du rendez-vous avec Godot. Il annonce au public plein feu : « En attendant Godot ».  Et déjà sur un siège dans le public Estragon bataille avec sa chaussure et bientôt Vladimir entrera dans la travée pour interpeller son compagnon d’infortune. La salle ne s’éteindra plus car le quatrième mur n’est plus. Nous sommes dans la pièce; sans cesse Vladimir ou Estragon viendra nous haranguer, nous prendre à témoin, nous rendre complices.

Rappelons l’intrigue, mais est-ce nécessaire; l’histoire est celle d’une attente; celle de Vladimir et d’Estragon, mais aussi celle du couple improbable rencontré par hasard fait d’un esclave fou Lucky et de Pozzo son maître dépressif.  Rappelons en sous texte le désespoir de notre condition de mortel et que si chacun de nous attend Godot sans vouloir le trouver, nous marchons tous vers notre rendez vous ultime pour retrouver Godot

Vladimir – qu’est ce qu on fait maintenant?

Estragon – On attend.

Vladimir – Oui mais en attendant?

Yann-Joel Collin attrape la proposition et l’ambition du projet de Beckett et avec ce projet le public lui même.  Nous y sommes invités. En attendant Godot nous ferons ensemble  du théâtre.

Le geste est périlleux de nous inclure dans la pièce sauf que le merveilleux texte de Becket est le fil à plomb de l’édifice, sauf que notre consentement et notre docilité sont acquis par le jeu parfait et admirable de Cyril Bothorel, de Yann-Joel Collin qui parviennent à saisir la salle et à déployer chacun leur personnage dont on découvre la pente progressive vers le  désespoir, grâce aussi à l’interprétation de Pascal Collin qui réussi à évoquer la psychose de Lucky sans la jouer et au truculent Pozzo de Christian Esnay.

Durant deux heures d’un grand plaisir on oublie tout avant notre retour groggy dans la rue du faubourg du temple.

Texte Samuel Beckett
Mise en scène Yann-Jöel Collin
Un spectacle de la Compagnie La Nuit surprise par le jour

Avec Cyril Bothorel, Yann-Joel Collin, Pascal Collin, Christian Esnay et Elie Collin

Collaborateur artistique Thierry Grapotte
Regie lumière Matthieu Lecompte
Administration et production Cle?mentine Marin
Responsable administratif Yvon Parnet

Production La Nuit surprise par le jour avec le soutien du Théâtre de la Cité internationale.
Avec l’aide à la reprise de la SPEDIDAM
La compagnie La Nuit surprise par le Jour est soutenue par la DRAC Ile-de-France au titre du conventionnement..

Durée 2H


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