« Transsibérien je suis », rêveries en écho.

27 février 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

Ce spectacle est le prolongement de On a fait tout ce qu’on a pu mais tout s’est passé comme d’habitude créée en 2013.

À la mort de son père, Fenwick décide de se lancer dans la plus grande aventure théâtrale itinérante jamais réalisée, de Brest à Vladivostok. La pièce raconte l’épopée du metteur en scène pour rendre possible ce road-theater vers la Russie. Dans un coin de la scène, Fenwick travaille à son projet, l’imaginant, l’élaborant, luttant contre les difficultés économiques et d’intendance; sur scène son alter ego: Jacques Mercier, chanteur de music-hall. Le chanteur s’est produit tous les soirs, de 1963 à 1983, dans un cabaret qui s’appelait La Belle de Recouvrance. Il n’a jamais quitté Brest de sa vie. A la suite de la fermeture du lieu, il s’enferme chez lui, prostré et écrit une sorte de journal de bord relatant une tournée de cirque allant de Brest à Vladivostok. Sans quitter son appartement. Il ne délire pas, il rêve éveillé et très vite nous adhérons à sa rêverie. Puis, un jour de janvier 1983 il disparaît mystérieusement à l’intérieur même de sa chambre.

Accompagné de quatre musiciens, d’une danseuse, d’une performeuse de tissus aériens, Fenwick raconte dans une atmosphère de cabaret les jours passés à pourchasser son rêve. Le spectacle mélange habilement les genres. Le texte est à maturité, la mise en scène inventive.

Extraits : Mes origines ? Un père voltigeur, un conte polonais, un ministre du sultan, une princesse de Samarkand, le directeur de l’Opéra de Kiev, une artiste italienne de cirque, une championne de tennis… En plus, je commence une dépression, et je tousse… Moi, je suis un visionnaire, j’écris la nuit!…Il n’est pas arrivé et vient juste de repartir… Lorsqu’on a passé son enfance à être rejeté, on peut attendre toute la journée…

La pièce est le lieu de contrôle radical de son rêve par l’auteur. Elle est intime comme le sont les rêves. La troupe se met au service du rêveur et la magie du théâtre, du cirque et du music-hall opère. Nous sommes saisis par ce rêve. Comme intercalé entre Fenwick et son alter ego, le spectateur pénètre l’univers onirique de la pièce. Il devient Alice dans le pays des merveilles de Fenwick. La troupe aux multiples talents assure de nous laisser sous tension.

On croise une magicienne, une artiste de cirque, une psychanalyste-voyante, une femme-contrebasse, un pierrot, quelques infirmiers, une femme de ménage. On découvrira même le visage de la véritable voix de la SNCF.

On y croise aussi la psyché de l’auteur enfantine mais obstinée en lutte contre un monde à la kafka chaotique cependant que calfaté par nos rêveries. C’est du bon théâtre où comme l’écrit Philippe Fenwick celui qui reçoit n’est jamais à l’abri.

 

Photos ©Jacques Pagniez ©Benoit Fortyre.

 

Dates de tournée
• Création du 25 au 28 février 2016 au Théâtre 13 (Paris)
• Du 27 au 30 avril 2016 au Théâtre National de Nice (06)
• Du 11 au 14 mai 2016 à La Friche Belle de Mai – La Criée, Théâtre National de Marseille (13)

Avec

Philippe Arestan,

Philippe Borecek,

Philippe Fenwick,

Hugues Hollenstein,

Grit Krausse,

Marine Paris,

Sergueï Vladimirov,

Nathalie Conio

 

Avec la participation de :

Claudine Baschet,

Simone Hérault (véritable voix de la SNCF)

Muriel Piquart

 

Écriture et mise en scène : Philippe Fenwick

Collaboration à la mise en scène : Nathalie Conio

Scénographie : Philippe Fenwick et Felix Deschamps

 

 


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