« Théâtre » de Marcus Borja

4 mars 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

Le spectacle, présenté dans le cadre du Festival JT16, se propose de trouver une similitude entre la musique et le théâtre dans leur perception du temps.

Cinquante deux chaises en bois disposées en cercle pour autant de spectateurs et cinquante deux comédiens qui tournent autour de ce cercle pour clamer, chanter, murmurer des textes en plus de trente langues dont l’allemand, l’anglais, l’arabe, le basque, le bassa, le batak, l’hébreu, le kabyle, le lingala, le tamoul ou le mandarin….  une guitare, un accordéon et un nyckelharpa (vièle à clés suédoise) finissent le dispositif.

Et comme seul décor : le noir absolu.

Plongés dans le noir et passées les premières minutes de panique enfantine, nous sommes réduits à ce décor qui se construit par les voix parlées, chantées, par les rires, les cris, les chants lyriques, traditionnels ou populaires. Dans le décor aussi, convoqués malgré nous ou peut être invités par la poésie du spectacle : nos psychés et notre corps. Cette prise en otage de notre corps condamné à exclusivement écouter constitue  pour le spectateur un noviciat : il est traversé par le texte et sa musique dans un état d’éveil radical qui transforme l’expérience en un saisissement unique de l’ici et maintenant.

Marcus Borja a du lire Henry Meschonnic, lui aussi concerné par le rythme et la poésie, et qui écrivait:  il y a un poème seulement si une forme de vie transforme une forme de langage et si réciproquement une forme de langage transforme une forme de vie.

Le spectateur est assis dans le noir et par son corps vivant transforme la performance en poésie. Dans ce hic et nunc il profitera de la saveur de la poésie de Marcus Borja, de son talent de mise en harmonie, de son génie du rythme. Il trouvera la chose très belle. 

Au loin l’optimisme ou peut être la candeur de l’auteur car il faut être aujourd’hui aveugle pour concéder à un monde où toutes les langues humaines feraient corps en harmonie.

 

 

conception, mise en scène, direction musicale et travail vocal Marcus Borja
assistante à la mise en scène Alexandra Cohen et Raluca Vallois
collaboration artistique Tristan Rothhut
création sonore Lucas Lelièvre
photographies Diego Bresani et Ye Tian
régie Gabriele Smiriglia

 

 

 


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