Swamp Club, le conte médiéval de Philippe Quesne au Festival d’Automne

8 novembre 2013 Par
Amelie Blaustein Niddam
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Il faut 40 minutes pour, du centre de Paris joindre non pas, le Théâtre de Gennevillers mais le marais infesté de moustiques du Swamp Club de Philippe Quesne. Le centre culturel a quitté le Festival d’Avignon pour être maintenant recueilli au Festival d’Automne.

Voici déjà 10 ans que Philippe Quesne et sa compagnie Vivarium Studio présentent des spectacles sur des gens mal en point.
Cette fois-ci, c’est la politique culturelle qui est passée au crible dans un anti-spectacle à la fois surréaliste et fantastique.

La scénographie est une fusion des espaces de Warlikowski et Macaigne. Un décor acteur se laisse découvrir par touches de lumières. Ici des hérons, là une colline surplombant une entrée de grotte, et un bureau tout en verre dans lequel bientôt nous verrons arriver des humains aux têtes recouvertes de capuches médiévales. Pour le reste ils sont habillés de façon dépareillée, bottes de pluie ou tongs, c’est selon.

La voix arrive, amplifiée par micro cravate, elle sera monocorde pour tous donnant une sensation irréelle à toutes les conversations auxquelles nous assisteront.

Les mots sont ceux d’un quotidien tranquille dans un bureau. Il s’agit d’organiser l’arrivée des nouveaux résidents du centre. Pour l’occasion un quatuor à cordes jouera, et un tableau de Bruegel sera étudié.

Document on entre dans une mise en abîme. Une répétition, puis le conducteur du spectacle sont le cadre d’une allégorie. Les résidents parlent différentes langues sans forcément se comprendre, un artiste dort dans la grotte, une taupe annonce les mauvaises nouvelles.

Le centre culturel est le village gaulois assailli par des ennemis que nous ne verrons pas. Tout est insinué par touches et c’est dans le décalage délicieux de la confrontation entre le marécage et la musique classique jouée sur le plateau que s’installe une ambiance font surgira le sens.

Swamp Club est un spectacle qui vous embarque, qui ne se laisse pas facilement attraper, Philippe Quesne réussit un tour de magie parfait.