Rencontre iréelle avec Jean Racine au Poche Montparnasse

29 août 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

La grande tragédienne Anne DELBÉE revient sur scène avec son spectacle « Racine ou la leçon de Phèdre » dans lequel elle nous invite, avec bonheur, à partager sa passion pour Racine, fouillant la vie mystérieuse du poète dans les vers de Phèdre. 

Dans les années 60, Anne Delbée a 12 ans lorsqu’elle pénètre pour la première fois dans un théâtre. Adulte, elle sera metteuse en scène ou comédienne et ne quittera jamais cette passion pour le théâtre qu’elle attrape d’abord par Claudel, ensuite par Racine. Une soixantaine de mises en scène à son actif dont on retient Phèdre à la Comédie-Française, avec les costumes de Christian Lacroix et la trilogie de Racine (Andromaque,Bérénice, Phèdre) au Festival d’Avignon. Dès 1982 Racine devient l’axe de son travail et en 2012, un documentaire sur son travail Racine, « Le déchaînement des passions » réalisé par Catherine Maximoff sort en salles. Elle nous livre aujourd’hui dans ce seul en scène quelque chose d’elle-même, et sa passion pour Jean Racine.
Devant un mur de plaques métalliques, Anne Delbée entre, nous interpelle comme le faisait une professeure de lettres de notre enfance. Son talent de comédienne et de dramaturge, les très belles séquences vidéo et les musiques audacieuses qui ponctuent la pièce nous dérobent à la conférence didactique ; il s’agit d’une oeuvre forte où la passion s’embrase devant nous. La petite salle du Poche Montparnasse qui a vibré entre autres avec « Mémoires d’un fou » par William Mesguich ou avec « Amok », reprise cette année par Alexis Montcorgé apparaît comme le lieu parisien des crises dramaturgiques et émotionnelles. Apparaît aussi comme le lieu du talent, car Anne Delbée qui aurait croisé encore hier Jean Racine, et qui vient le pleurer devant nous en s’entortillant de la langue du poète nous propose une aventure belle, forte et vibrante.

Elle nous renseigne : Phèdre est comme le testament de Racine. Plus loin : ce qui est à lire est dans le blanc du papier. Et son spectacle, et pour cela il est de l’art pur, ouvre plus à la question qu’il n’y répond. La leçon de Phèdre d’Anne Delbée est un grand moment de théâtre, de passion et d’envoûtement. Jean Racine, orphelin très jeune, fut-il dans sa vie aimé, fut-il un suicidaire Phèdre plutôt que le triste Néron de Britannicus, quel texte est son testament ; lequel serait son aveu ?

On quitte la salle et les applaudissements nourris occupés à ces interrogations sur Jean Racine. Et sur Anne Delbée…

Quand même, avec et grâce à elle nous avons croisé Racine :

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue, 

Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue. 

Conception, mise en scène et interprétation : Anne DELBÉE

 

visuel : affiche du spectacle


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